Maroc avortement : El Ouardi « très favorable » à un débat

Maroc avortement : El Ouardi « très favorable » à un débat

Le ministre marocain de la Santé El Hossein El Ouardi s’est dit mercredi « très favorable » à un débat sur l’avortement après la polémique provoquée par les sanctions prises à l’encontre d’un célèbre médecin, figure de proue de la lutte contre l’avortement clandestin.

Le professeur Chafik Chraïbi avait affirmé mardi avoir été démis de ses fonctions de chef de service d’un hôpital de Rabat après la diffusion d’un reportage de France 2, entraînant un mouvement de soutien en sa faveur.

Interrogé mercredi par l’AFP, le ministre de la Santé a soutenu que cette décision, qui émane selon lui d’une « commission scientifique indépendante », avait été prise pour des raisons éthiques lors du tournage et non pour les positions du médecin.

« C’est une sanction logique prise pour des considérations éthiques », a affirmé M. El Ouardi, avançant notamment que des personnes avaient été « filmées sans leur consentement écrit ».

« Il ne s’agit pas de pénaliser des gens pour leurs idées. Je suis moi-même très favorable à la lutte contre l’avortement clandestin et souhaite ouvrir un débat » sur la question, a-t-il ajouté.

L’avortement est puni par des peines d’un an à cinq ans de prison au Maroc, mais des débats existent pour assouplir la législation, en cas d’inceste notamment.

Le reportage diffusé en décembre dans l’émission « Envoyé spécial » évoquait le « drame » des avortements clandestins au Maroc, au nombre de 600 à 800 chaque jour, selon l’Association marocaine de lutte contre les avortements clandestins (Amlac), dont le professeur Chraïbi est le président. Plusieurs dizaines de femmes décèdent chaque année lors de tels actes, selon d’autres ONG.

Le mois dernier, une enquête interne avait été diligentée sur les conditions de tournage, un responsable du ministère de la Santé évoquant l’absence d’autorisation adéquate, ce que conteste le médecin, affirmant que le ministère ne s’est à aucun moment manifesté au cours des quinze jours de tournage.

Se disant « surpris » de la sanction, le médecin a fait part de son intention de la contester administrativement. « Mon discours est connu et me semblait compris: je ne milite pas pour l’avortement, mais pour sauver la vie d’enfants et de femmes », a-t-il notamment plaidé.

L’annonce de cette sanction a entraîné de vives réactions sur les réseaux sociaux. En moins de 24h, plus de 9.000 personnes avaient apporté leur soutien au professeur Chraïbi sur une page Facebook.

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