Driss el Yazami appel à un débat sur le droit à manifester

Driss el Yazami appel à un débat sur le droit à manifester

Le président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH, officiel), Driss el Yazami, dont les recommandations ont entraîné diverses avancées au cours des derniers mois, a appelé mardi à un « débat national » sur « le droit de manifester pacifiquement au Maroc ».

« Plus de 20.000 manifestations par an » sont recensées par le ministère de l’Intérieur, ce qui témoigne « de la prise de conscience par les Marocains de leurs droits », a estimé M. El Yazami, cité par l’agence MAP.

La semaine dernière, l’Association marocaine des droits humains (AMDH, indépendante), l’une des principales organisations de défense des droits de l’Homme au Maroc, a dénoncé une « campagne » de « répression » à son égard, affirmant notamment que plusieurs manifestations récentes avaient été empêchées ou dispersées « par la force ».

Les atteintes « aux libertés de rassemblement » font aussi partie des critiques formulées par des ONG internationales s’agissant du Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole que Rabat contrôle mais qui est revendiquée par des indépendantistes (Polisario).

En réponse à ces griefs, le gouvernement marocain a annoncé récemment qu’il allait s’attacher à mieux prendre en compte les plaintes de citoyens, en particulier au Sahara, en collaboration avec le CNDH.

Parallèlement, suivant les recommandations du même CNDH, une réforme de la juridiction militaire a été approuvée ce mois en conseil des ministres: elle vise en particulier à ne plus permettre le jugement de civils devant une cour militaire, en écho au procès l’an dernier de 25 Sahraouis qui avait été qualifié « d’inéquitable » par des ONG.

Cette réforme, qui doit encore obtenir le feu vert du Parlement, représente un « tournant décisif » dans la consolidation des droits de l’Homme, a réaffirmé mardi le président du CNDH.

Ces dernières démarches interviennent à quelques semaines d’un nouveau vote aux Nations unies sur la reconduction du mandat de la mission onusienne au Sahara occidental (Minurso), présente sur place depuis 1991.

L’an dernier, Rabat avait vivement combattu –avec succès– un projet de résolution américain visant à l’élargir à la surveillance des droits de l’Homme.

Le royaume propose un plan d’autonomie pour ce vaste territoire de moins d’un million d’habitants. Mais il est rejeté par le Polisario, soutenu par Alger, qui réclame un référendum d’autodétermination.

Les efforts de médiation de l’ONU sont dans l’impasse.

À propos Siham Lazraq

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