Maroc : 25 ans de prison pour l’assassinat de sa femme !

Maroc : 25 ans de prison pour l’assassinat de sa femme !

Karbal Dandouni a été condamné vendredi soir par la Cour d’assises de la Charente à 25 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat de son épouse Karima, mystérieusement disparue depuis un voyage au Maroc en juillet 2005.

A l’énoncé du verdict, l’accusé, jugé depuis lundi, et qui a toujours clamé son innocence, est resté de marbre. Ses proches ont crié à l’injustice tandis qu’un frère cadet de la victime rétorquait « Où est ma soeur? ».

L’accusé, aujourd’hui âgé de 41 ans (bien 41), a ensuite prononcé quelques mots en arabe en direction de la famille de la victime qui lui demandait où la trouver, un mystère que la cour n’a pas résolu.

Cette peine est conforme aux réquisitions de l’avocat général, Patrice Camberou, qui avait conclu, dans cette affaire sans corps ni aveux, à la culpabilité de l’accusé.

Karbal Dandouni, originaire de Casablanca, était arrivé dans les années 1990 en France où il était aide-documentaliste et avait épousé la victime en 1998.

Jugé libre après avoir passé un an en détention provisoire, Karbal Dandouni, dont le procès s’était ouvert lundi, avait assuré que Karima l’accompagnait pendant le voyage de retour du Maroc, fin août 2005, et qu’elle lui avait subitement fait faux bond à Bordeaux.

Des arguments balayés par l’avocat général, qui n’avait vu que « mensonges » et « incohérences » dans le récit de ce séjour au cours duquel, selon l’accusé, Karima est partie à peine le couple débarqué à Tanger, l’a eu au téléphone et l’a retrouvé à la douane pour rentrer en France. « Tout est organisé de façon millimétrée et intelligente: l’aller avec Karima, le retour sans Karima », a soutenu M. Camberou.

Pour le représentant de l’accusation, il aurait fait miroiter à sa femme, qui ne pouvait avoir d’enfants et dont il ne partageait plus la couche, la possibilité de rentrer en France avec le bébé que lui avait donné Rabia, sa seconde femme marocaine, épousée en 2003. Mais il est rentré sans Karima, et en compagnie de Rabia selon plusieurs témoins qui, à l’audience, ont affirmé n’avoir plus aucun souvenir.

Karima a été assassinée, a soutenu le magistrat, « dans un laps de huit heures pendant lesquelles (elle) a subi le pire », entre l’accostage à Tanger et l’arrivée tardive de Karbal Dandouni au domicile familial, à Casablanca.

Parmi les éléments à charge, il a mentionné des retraits sur le compte de la victime interrompus début août 2005 pour cause de découvert, le jour où Karbal Dandouni retire à nouveau de l’argent sur son propre compte.

Dans l’après-midi, les avocats de l’accusé, Mes Zouhir Beaiz et Rachid Rahmani, s’étaient employés à convaincre les jurés d’acquitter leur client, évoquant notamment un dossier « vide de preuves ». « On lui conseillera de faire appel », a déclaré Me Rahmania après le verdict, se refusant à tout autre commentaire.

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