M. Radi plaide pour des mesures législatives intégrant la problématique de l’égalité hommes-femmes

M. Radi plaide pour des mesures législatives intégrant la problématique de l’égalité hommes-femmes

Le président de l’Union interparlementaire (UIP), Abdelwahad Radi, a souligné mercredi à New York, « l’énorme potentiel » de la femme rurale dans la réduction de la pauvreté

mais dont l’émancipation se heurte à de « nombreux obstacles politiques, socio-économiques et culturels » et appelé à élaborer des mesures législatives visant l’égalité hommes-femmes.

« L’émancipation des femmes rurales continue à se heurter à de nombreux obstacles politiques, socio-économiques et culturels » qui découlent en « majeure partie des inégalités entre les hommes et les femmes », a dit M. Radi qui intervenait à l’ouverture de la 9ème session de l’UIP, tenue à l’occasion de la 56ème session de la Commission de la condition de la femme.

Ces inégalités limitent, selon lui, l’accès de ces femmes aux moyens de production, elles sont plus durement touchées par la pauvreté et l’analphabétisme et par l’absence ou la difficulté d’accès aux services essentiels que sont les soins de santé, eau, éducation et formation ou encore la justice.

Ces contraintes, ajoutées aux pesanteurs socioculturelles qui font du domaine public, un domaine traditionnellement réservé aux hommes, freinent la participation politique des femmes rurales, a-t-il déploré, soulignant que leurs voix ne sont pas suffisamment entendues dans les instances de décision où elles sont sous-représentées.

« Si la moyenne mondiale de la représentation des femmes dans les parlements nationaux atteint aujourd’hui 19,5 pc, les conseils municipaux et territoriaux dans toutes les régions du monde sont également loin de parvenir à l’équilibre hommes-femmes », a-t-il relevé dans une allocution d’ouverture au siège des Nations Unies, en présence notamment de la directrice exécutive de ONU-Femmes, Michelle Bachelet.

Toutes ces questions, a-t-il poursuivi, interpellent les parlements, insistant qu’il est de « notre responsabilité de prendre part à la mise en oeuvre des solutions afin que les femmes rurales puissent relever les défis auxquels elles sont confrontées ».

En tant que « législateurs, nous avons à élaborer des mesures législatives, politiques et budgétaires, qui intègrent réellement la problématique d’égalité hommes-femmes », a-t-il dit, préconisant d' »examiner régulièrement la législation et les politiques agraires, foncières ainsi que le droit de la famille, pour identifier et modifier les dispositions discriminatoires à l’égard des femmes ». Il citera, dans ce contexte, « les discriminations qui touchent directement les femmes rurales et déterminent leur accès à la terre, à la propriété et au crédit, ainsi qu’à la succession ».

Il propose également d’agir sur l’intégration de la problématique hommes-femmes dans les initiatives budgétaires, citant le cas du Maroc où une étude menée, « il y a quelques années », sur les crédits budgétaires alloués à des activités agricoles, a montré que « 9pc seulement des femmes bénéficiait de ces crédits, alors qu’elles représentaient 39pc des actifs ruraux ». Depuis, a-t-il souligné, « le Maroc a augmenté de 50pc le financement des programmes dédiés aux femmes rurales ».

Il s’agit, d’un exemple, parmi tant d’autres qui « nous incite à exiger les analyses nécessaires de la problématique hommes-femmes et à prendre en compte systématiquement les besoins des femmes au moment des prises de décisions budgétaires », a souligné M. Radi.

Abordant le renforcement de la participation politique des femmes rurales, il a relevé qu’aujourd’hui une trentaine de pays ont choisi d’appliquer les quotas pour favoriser une participation plus équilibrée des femmes au niveau local, évoquant notamment l’exemple du Maroc, qui a réservé, lors des élections communales de 2009, un quota 12 pc des sièges aux femmes.

Cependant, a-t-il poursuivi, si les mesures de nature juridique constituent une « première étape encourageante », elles ne suffisent pas à « garantir la participation politique accrue des femmes rurales », estimant que « l’instruction, l’émancipation économique et l’égalité de statut demeurent des facteurs déterminants ».

De plus, a-t-il ajouté, « il faut leur garantir l’accès aux technologies, aux infrastructures et aux services essentiels pour alléger leur charge de travail de façon qu’elles aient plus de temps à consacrer aux activités sociales et politiques », tout en les mobilisant et renforçant leur capacité pour « asseoir leur leadership ».

Il estime, en outre, nécessaire de sensibiliser les hommes, aussi bien dans les communautés et associations rurales que dans les partis politiques, aux effets positifs et à l’intérêt pour tous de la présence de la femme rurale dans toutes les instances de décision.

Il a rappellé, dans ce contexte, l’engagement de l’UIP à faire progresser la problématique de l’égalité des sexes, qui représente, a-t-il fait observer, le 2ème objectif de la nouvelle stratégie de l’Union pour 2012-2017 et un élément clé de sa thématique : « de meilleurs parlements pour des démocraties plus fortes ».

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Maroc

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