L’Espagne considére le Maroc comme une menace sérieuse.

L’Espagne considére le Maroc comme une menace sérieuse.

C’est désormais chose faite. L’Espagne a son Conseil National de Sécurité. Le conseil des ministres, du vendredi 31 mai, a donné son feu vert à la création du CNS, présidé par le chef de gouvernement, Mariano Rajoy. La présence du roi n’est souhaitée que lorsqu’il estime que cela est nécessaire. La nouvelle instance, dont les réunions seront tenues tous les deux mois, supplante, de facto, le Conseil de Défense national, chapeauté par le roi. Ce changement atteste, d’une part, de la perte de l’influence de la monarchie sur la scène politique espagnole et d’autre part du role prépondérant des civils, et surtout de la présidence du gouvernement, dans la gestion des dossiers sécuritaires. Preuve en est la mise de l’espionnage et du contre-espionnage entre les mains de Mme Soraya Sáenz de Santamaría, une proche de Rajoy.

 

Le Maroc une menace sérieuse pour la stabilité de l’Espagne

Et qu’en est-il du Maroc dans le nouveau Conseil de Sécurité National du voisin ibérique ? Au-delà des déclarations de bonnes intentions chantant la lune de miel entre Rabat et Madrid, force est de constater que la droite espagnole n’a point changé sa position vis-à-vis du royaume. Sebta et Melilla, les iles (Gomera Chafarinas, Pejeril, Tierra, la Goméra) et les prospections de pétrole dans une zone off-shore à une soixantaine de kilomètres des eaux marocaines, font que Rabat soit qualifié de menace sérieuse pour la sécurité espagnole. Des possibles causes de conflits armés entre les deux pays, dans lesquels Madrid ne pourrait compter que sur son propre arsenal militaire. Tous ses territoires qu’elle occupe ne sont pas reconnus comme faisant partie ni de l’espace géographique de l’Union européenne ni de l’OTAN.

Cette hostilité envers le Maroc n’est pas sans rappeler le document de neuf pages préparé, août 2012, par le ministère de la Défense dans lequel il érige la protection de Sebta et Melilla au rang de « priorité » parce qu’elle sont  « à la limite du danger » émanant d’une « menace extérieure ».

Ce durcissement de ton à l’égard du Maroc, selon la Radio Sera (proche du PCE) s’oppose à l’ancienne stratégie élaborée par les socialistes qui évitaient de pointer du doigt directement Rabat et parlaient de « la rive méridionale de la Méditerranée » et du Maghreb qualifiée de « zone prioritaire pour l’Espagne, pour sa proximité et les liens historiques et humains entre les deux rives ».

A quand le conseil de sécurité national marocain ?

La constitution du 1er juillet 2011 le prévoit. L’article 54 y consacré : « Il est créé un Conseil Supérieur de Sécurité, en tant qu’instance de concertation sur les stratégies de sécurité intérieure et extérieure du pays, et de gestion des situations de crise, qui veille également à l’institutionnalisation des normes d’une bonne gouvernance sécuritaire. Le Roi préside ce Conseil et peut déléguer au Chef du Gouvernement la présidence d’une réunion du Conseil, sur la base d’un ordre du jour déterminé ». A un mois de la commémoration du deuxième anniversaire de l’adoption de la nouvelle loi fondamental, le CSS est, encore, en hibernation forcée.

Un état des lieux appelé à durer dans le temps. Et pour cause, la feuille de route des lois que le cabinet Benkirane a remise, au début de cette année, au parlement ne comprend nullement la loi organique du CSS. A-t-il laissé le soin de cette initiative au palais comme il a fait avec le conseil de la régence ?

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Maroc

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