Les riches, les pauvres… et ceux qui sont entre les deux

Les riches, les pauvres… et ceux qui sont entre les deux
0 commentaires, 11/03/2013, Par , Dans Chroniques, Couverture

Une liste est apparue voici quelques jours faisant apparaître nos riches, nos très riches même, et les montants de leurs fortunes. Aucune surprise, il s’agit toujours des mêmes, avec à leur tête le banquier inoxydable et inatteignable Othmane Benjelloun, suivi du promoteur immobilier et hotelier Miloud Chaâbi, et puis le patron du groupe Addoha et shogun du Ghassoul, Anas Sefrioui.

La liste des gens fortunés au Maroc ne change pas, les mêmes noms reviennent encore et toujours, et les sources de leurs fortunes aussi, la banque et l’immobilier, la finance et la pierre, cet attelage tiré par des millions de Marocains qui, une fois avoir acheté un appartement à peine plus grand qu’une cage à poules, vont aussitot prendre un crédit auprès d’une banque.

Il est tout à fait normal que dans tous les pays du monde il y ait des riches, des pauvres et tous ceux qui sont entre les deux, sauf qu’au Maroc ce sont des millions de gens pauvres qui bâtissent les fortunes de quelques individus fortunés alors qu’il eût été plus logique que ces richesses soient équitablement réparties entre tous ou, au moins, que les très riches ne construisent pas des empires sur le dos de ces pauvres, de tous ces pauvres.

Mais cela, apparemment, importe peu, les Marocains semblent heureux comme ils sont, eux qui ne cessent de répéter que « personne ne meure de faim chez nous », une pensée qui est au cœur même, au fondement aussi, de la « stabilité » du Maroc et de la « sérénité » de la nation.

Nous aurions espéré les voir tous les trois, ces trois grands fortunés qui dominent le capital privé marocain, s’unir pour bâtir un grand projet, un projet d’envergure nationale, comme par exemple une université, une vraie, avec des critères universellement reconnus, qui accueillerait les talents et les compétences de nos jeunes, les plus méritants de nos étudiants, que cette université passe des accords avec d’autres, prestigieuses… Mais non, rien, nous n’avons rien entendu de tel ; nous avons en revanche entendu parler de l’un d’eux qui organise des épousailles pour sa fille, qui y invite des étoiles venues d’ailleurs, à coups de milliards. Et c’est tout.

Ce comportement de nos milliardaires, on le retrouve aussi chez les célébrités et les artistes qui ont pu accumuler des fortunes fort intéressantes, mais qui en dépit de cela ne cessent de se plaindre tout en continuant d’accumuler et de gonfler leurs comptes bancaires, sans rien entreprendre pour les pauvres et les déshérités qui les ont aimés, qui les ont ovationnés, qui les ont soutenus sur les pelouses des terrains, sur les pistes de course et sur les planches des théâtres.

De grands joueurs sont passés dans nos équipes, ont amassé et ramassé autant qu’ils ont pu en argent et en honneurs, et c’est là leur droit, que personne ne leur conteste… mais les Marocains ressentent quelque chagrin en apprenant que, par exemple, tel ou tel autre joueur de tel ou tel autre pays pauvre a entrepris de réaliser quelque chose pour son pays, construisant là un hopital, ici un terrain de sport, ailleurs un orphelinat, et parfois a pris en charge les études d’un jeune méritant.

Mais le problème est bien plus grand encore… Quand le nom de Hicham el Guerrouj était monté au firmament, cet athlète que les Marocains avaient aimé de tous leurs cœurs, les gens avaient appris par la suite qu’un domaine agricole lui avait été attribué, dans un des aspects les plus flagrants de l’économie de rente… Mais personne n’avait entendu dire qu’el Guerrouj avait essayé de se racheter en menant une action au profit des pauvres de son pays. Non, el Guerrouj avait au contraire « monté » un meeting international d’athlétisme, financé de la poche même des contribuables, avant de disparaître tout aussi soudainement qu’il était né, après seulement quelques éditions.

Ce qu’on dit sur el Guerrouj est valable pour bien d’autres célébrités et sportifs… Il y a quelques jours, une nouvelle était tombée : la police avait investi un restaurant à Agadir proposant à sa clientèle des boissons alcoolisées et de la chicha, et puis les gens avaient ensuite appris que ce resto ne payait pas d’impots, avant que le coup de grâce ne soit asséné par la divulgation du nom du propriétaire : Marouane Chamakh…

Il est très étrange que les populations apprennent que ce que font de mieux les sportifs et autres noms connus, ces individus qui ont été aimés, adulés, choyés par tous, est d’ouvrir des troquets où se vend de l’alcool et de la chicha, comme si ces gens voulaient dire à leurs admirateurs : « Nous, nous avons réussi… quant à vous, laissez-vous donc aller à la drogue, à l’abrutissement et à l’addiction ».

Et voilà quelques jours, nous avons entendu dire dans la presse française que Gad el Maleh, cet artiste de confession juive et bénéficiant de la double citoyenneté marocaine et française, a fait don d’une somme importante pour l’édification d’un complexe social au Maroc. Il est certain qu’il existe des artistes et sportifs marocains encore plus riches qu’el Maleh, mais pourquoi donc ne font-ils pas la même chose que lui ?

Serait-il possible d’attendre, d’espérer, qu’un jour ou un mois prochain, un artiste ou un sportif marocain, emboîte le pas à Gad el Maleh et prenne la même initiative que lui ?… Peut-être, un jour, oui… les miracles peuvent toujours se produire.

Mots Clefs:
Maroc

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