les restaurants de l’Union européenne se verront interdire l’utilisation d’huile d’olive en jarre ou en bol

les restaurants de l’Union européenne se verront interdire l’utilisation d’huile d’olive en jarre ou en bol
0 commentaires, 23/05/2013, Par , Dans Couverture, Monde

L’intention affichée est louable, la réalité l’est beaucoup moins. A compter du 1er janvier 2014, les restaurants de l’Union européenne se verront interdire l’utilisation d’huile d’olive en jarre ou en bol, au profit de bouteilles scellées et jetables, pour, dit-on, améliorer l’hygiène et la traçabilité des produits.

En matière d’industrie agro-alimentaire, la Commission européenne fait pourtant pâle figure : la possibilité même de fraudes comme celles de la viande de cheval ou des tartes IKEA est le signe d’une inefficacité et d’un manque de volonté flagrants de la part de Bruxelles. On pourrait penser que la réglementation sur l’huile d’olive est une tentative de rattraper le temps perdu ; c’est oublier les mesures déjà en vigueur et qui néanmoins sont d’une complète inutilité. Un règlement européen datant du 6 mars 2009 [n°182/2009] impose la désignation de l’origine sur l’huile d’olive « vierge » et « vierge extra », obligeant par là les producteurs à déclarer tout coupage avec une huile étrangère. Or en 2011, soit deux ans plus tard, le journal italien La Repubblica révèle une implantation massive de la mafia dans la production d’huile d’olive en Italie où des productions « vierge extra » sont en réalité coupées avec d’autres huiles venues d’Espagne, de Tunisie ou de Grèce. Qu’a fait la Commission entre temps pour lutter activement contre ces fraudes ? Rien, si ce n’est se payer de mots.

Bruxelles prétend aussi, par ce genre de mesures (non suivies d’effet, si ce n’est l’augmentation des coûts pour les restaurateurs qui devront jeter des quantités d’huile inutilisée), améliorer la compétitivité et l’image de marque des huiles d’origine européenne. Sans l’arme du protectionnisme économique qu’elle n’appliquera jamais, l’Union européenne ne peut pourtant rien face à des concurrences déloyales et elle ferme les yeux de manière inquiétante sur des cas de fraude avérés. Le Canard Enchaîné annonçait le 14 mai 2007 que 40 000 tonnes d’huile de tournesol en provenance d’Ukraine avaient été coupées avec de l’huile de moteur et se retrouvaient sur le marché européen à des prix dérisoires dans des produits transformés comme des mayonnaises, des vinaigrettes industrielles ou des conserves. La Commission européenne qui s’était prononcée le 2 mai précédent, n’avait pas trouvé nécessaire de rappeler les produits incriminés ni de dénoncer les méthodes ukrainiennes …

L’Europe n’est pas l’échelle adéquate pour une politique sanitaire et agro-alimentaire efficace, politique qui impliquerait par exemple en France un controle accru des huiles AOC face aux fraudes d’huiles espagnoles qui se multiplient en Provence. La défense efficace des consommateurs français, mais aussi celle de notre filière agricole et agro-alimentaire, nécessite de mettre en place un étiquetage rigoureux et obligatoire des denrées alimentaires distribuées sur notre territoire.

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France

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