Les pays occidentaux haussent le ton sur la situation en Syrie

Les pays occidentaux haussent le ton sur la situation en Syrie

Les chefs de diplomatie de plusieurs pays occidentaux ont haussé le ton, mardi, au sujet de l’aggravation de la violence en Syrie et du risque croissant de guerre civile menaçant ce pays.Intervenant lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en Syrie, les chefs de diplomatie américaine, française, britannique et portugaise ont appelé la communauté internationale à adopter une position sans équivoque contre les violences en Syrie, en plaidant en faveur de l’adoption d’une résolution pour mettre fin à l’escalade de la violence qui a fait plus de 5.400 morts en Syrie.

« Il est temps pour la communauté internationale de mettre de coté leurs différences (…) et d’envoyer un message de soutien clair au Syriens », a affirmé la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton.

A ses yeux, la communauté internationale fait face à deux choix: « celui de se tenir aux cotés du peuple syrien et de la région ou de devenir complice de la poursuite des violences dans ce pays ».

« Il est clair que les forces d’Assad sont à l’origine de presque toutes les attaques qui coûtent la vie à des civils, mais, comme de plus en plus de citoyens prennent les armes face à la brutalité du régime, les violences risquent de plus en plus d’échapper à tout controle », a-t-elle averti.

La chef de la diplomatie américaine a exprimé son soutien au plan présenté récemment par la Ligue arabe en vue de résoudre la crise syrienne à travers un transfert des pouvoirs du président Bachar Al-Assad à son vice-président avant d’engager un dialogue avec l’opposition et de former un cabinet d’union.

« La communauté internationale a donné au président Al-Assad plusieurs chances pour engager la réforme mais il ne les a pas saisies », a déclaré Mme Clinton, en estimant que la Ligue Arabe a lancé une « action diplomatique sans précédent », initiative à laquelle la Syrie a répondu avec une « escalade excessive de violence ».

Pour sa part, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a plaidé en faveur d’une résolution soutenant les initiatives de la Ligue arabe, appelant le Conseil de sécurité de l’ONU à assumer ses responsabilités.

« Pour rester la clé de voûte de la paix et de la sécurité internationales, il est du devoir du Conseil d’agir », a-t-il dit, en lançant un appel solennel à cet organe pour qu’il soit « à la hauteur de la mission que lui confie la Charte des Nations Unies, en se portant au secours d’un peuple et d’une région qui ne veulent que la paix et le respect de leur dignité »

M. Juppé a d’ailleurs fustigé le « massacre sans retenue » pratiqué « de manière honteuse » par le régime Syrien, notant que ce genre de comportement « a des conséquences directes sur la paix et la sécurité internationales » dans une région déjà fragile.

Se disant du même avis, le ministre britannique des AE, William Hague, a plaidé en faveur de l’adoption du plan de la Ligue arabe, qui offre, selon lui, une voie de sortie de crise « crédible et viable ».

« La Syrie a besoin de trouver une voie pour sortir du conflit et de la misère et la Ligue Arabe en a offert une qui est viable et crédible », a-t-il dit, notant que si toutes les dispositions du plan de la Ligue arabe sont appliquées dans leur intégralité, cette initiative « conduirait à la fin à toute violence contre des civils syriens ainsi que des attaques contre les institutions de l’Etat syrien ».

De son coté, le chef de la diplomatie portugaise, Paulo Sacadura Cabral Portas, a jugé que le Conseil de sécurité « n’a pas été en mesure d’assumer pleinement ses responsabilités vis-à-vis de la Syrie et du peuple Syrien et sa mission en tant qu’organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales ».

« Ce qui se passe en Syrie et l’inaction de la communauté internationale est choquante », a-t-il dit, en soutenant à son tour la proposition de la Ligue Arabe.

Le vice-ministre allemand des Affaires étrangères, Michael Link a, quant à lui, mis en garde contre la situation de pré « guerre-civile » en Syrie, tout en déplorant un « silence qui a trop duré » au niveau du Conseil de sécurité.

« Nous devons oeuvrer en faveur d’une solution politique en Syrie (…) nous le devons au peuple Syrien », a-t-il dit à l’adresse du groupe des Quinze.

Bien qu’il n’y ait eu aucun vote mardi au niveau du Conseil de sécurité, cette réunion constitue le premier chapitre d’intenses activités diplomatiques visant à faire passer dans les prochains jours, une résolution présentée par le Maroc conjointement avec sept délégations du Conseil de sécurité de l’ONU (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Portugal, Allemagne, Colombie et Togo) et appuyé par des pays arabes.

Ce projet, qui reprend les grandes lignes du plan proposé par la Ligue arabe, appelle à la nécessité de « résoudre la crise actuelle en Syrie de manière pacifique » sans faire mention « à un recours à l’usage de la force », une formulation rejetée catégoriquement par la Russie, qui estime que la crise Syrienne et une « crise interne » dans laquelle les Nations unies ne devaient pas s’immiscer.

À propos François Deville

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