Les parlementaires s’intéressent aux 3,7 milliards de pertes de la CDG avec le Club Med

Les parlementaires s’intéressent aux 3,7 milliards de pertes de la CDG avec le Club Med

Lors de son passage devant une commission parlementaire, Anas Alami, le président de la CDG (Caisse de Dépots et de Gestion), a dû répondre à plusieurs questions se rapportant à la gestion financière de son organisme.

Ainsi, Abdallah Bouanou, le chef du groupe PJD, s’est interrogé sur la perte de 3,7 milliards de DH subie par la CDG suite à son entrée dans le capital du Club Med. Bouanou a aussi demandé à connaitre les détails de la prise de participation de la CDG dans le capital du quotidien Aujourd’hui le Maroc, et pourquoi spécialement ce périodique et non d’autres comme al Alam ou Akhbar Alyoum ; toujours pour le même secteur des médias, le député PJD a posé la question de savoir la raison de l’entrée de la CDG dans le tour de table de Médi1TV et non dans celui de 2M… Bouanou a aussi demandé à avoir des explications sur les critères de recrutement au sein de l’organisme public ainsi que sur les modes de définition des salaires des grands directeurs. En effet, le député PJD a relevé que pour les mêmes responsabilités, les directeurs ne perçoivent pas les mêmes traitements.

Par ailleurs, Abdallah Bouanou a soulevé la question de l’indépendance de la CDG : « Il existe un problème au niveau de l’autonomie de cette institution et des libertés qu’elle prend par rapport à tous les centres de décision, tant en dehors du gouvernement que venant de l’Exécutif ; est-il donc possible que cet organisme soit réellement indépendant et que personne ne lui souffle ses décisions d’intervention pour sauver telle ou telle autre entreprise en difficulté ? ». Citant en exemple l’équivalent de la CDG en France, la Caisse de Dépots et Consignations (CDC), le chef des députés PJD a noté que cette institution compte des parlementaires dans son comité de direction et son Conseil de surveillance ; s’appuyant sur ce cas, Bouanou a demandé le changement des statuts de la CDG, « afin que les Marocains se mettent à faire confiance à cet organisme ». Enfin, la dernière interrogation de Bouanou concerne les décisions d’achat de biens immobiliers d’entreprises particulières, au détriment d’autres ; « les entreprises marocaines ont-elles vraiment le sentiment que la CDG les traite sur un pied d’égalité ? ».

Prenant la parole à son tour, le député Istiqlal Mustapha Hanine a remarqué que « c’est vrai que la CDG a intervenu de manière positive et efficace dans l’affaire du projet de Tanger Med, mais nous voudrions savoir ce qui s’est passé pour le Club Med ».

Les députés n’étaient cependant pas tous d’accord sur le traitement à réserver à la CDG. Ainsi, Abdellatif Ouahbi, le chef du groupe PAM, a demandé à ce qu’on n’entre pas trop dans les détails techniques de la gestion de la CDG, recommandant de se contenter des grandes orientations stratégiques de l’institution, car selon lui cette dernière applique les décisions de l’Etat, même si elles ne devaient pas toujours être rentables et bénéficiaires.

Et puis arrive le tour du député RNI Ouadie Benabdallah qui a regretté l’absence de politique participative dans la gouvernance de la CDG, comme cela se passe en France avec la CDC, et surtout que la participation est devenue un principe constitutionnel. Ainsi, Benabdallah a critiqué le fait que la CDG entreprenne des investissements dans certaines régions du Maroc sans même penser à consulter les élus de ces régions.

Répondant à ce flot de questions, le ministre des Finances, Nizar Baraka, a simplement affirmé que la CDG est placée sous le controle du ministère des Finances et de Bank al-Maghrib. Pour sa part, le patron de la CDG a nié que la perte pour le Club Med ait atteint les 3,7 milliards mentionnés par Bouanou, rappelant que le volume d’investissement était « seulement » d’un milliard de DH et que la perte essuyée alors était de « seulement » 700 millions de DH, mais qu’aujourd’hui, l’entreprise touristique française a repris des couleurs et qu’elle n’est plus obérée de dettes. Pour Anas Alami, son organisme peut également réaliser des profits exceptionnels, comme ceux de 2010, avec 2 milliards de DH, précisant que cette performance avait été rendue possible en grande partie grâce à l’acquisition d’une partie de Méditel, et dont la revente a permis de dégager une plus-value de 1,2 milliard de DH.

Enfin, pour la question de la création de sociétés sur mesure et de la différence de traitement entre les différents directeurs de l’institution, Anas Alami a nié en bloc, demandant aux députés des preuves de leurs affirmations.

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Maroc

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