les hôpitaux psychiatriques « archaïques et inadaptés » (rapport officiel)

les hôpitaux psychiatriques « archaïques et inadaptés » (rapport officiel)

Les hopitaux psychiatriques au Maroc sont « archaïques et inadaptés », et leurs prestations « défaillantes », souligne un rapport divulgué mardi à Rabat par un organisme officiel.

Les structures de ces hopitaux « sont archaïques et inadaptées (…). Certains sont carrément à l’abandon », comme l’hopital de Berrechid, à 120 km au sud de Rabat, constate le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), dont les membres sont tous nommés par le roi Mohammed VI, à qui doit être remis le document.

« La répartition du personnel de ces établissements publics est marquée par un grand déséquilibre territorial », a précisé à l’AFP Driss El-Yazami, le président du CNDH lors de la présentation de ces travaux qui ont nécessité trois mois d’enquête (fin mars à début juillet).

« Les établissements publics du Maroc comptent au total 172 psychiatres, mais 54% de ces derniers travaillent dans le seul axe Rabat-Casablanca », les deux villes les plus importantes du royaume, a ajouté M. El-Yazami.

C’est la première fois qu’un organisme officiel établit un constat aussi précis sur la situation de la santé mentale au Maroc, en y intégrant la dimension des droits de l’Homme, a par ailleurs relevé un membre du CNDH.

Concernant les enfants, le rapport constate « qu’à l’exception des services de pédopsychiatrie de Rabat et Casablanca », « aucun intérêt n’est accordé à cette discipline malgré son role prépondérant dans la santé mentale de la population ».

Le Maroc dispose de 27 établissements publics psychiatriques, et « la capacité de ces structures est de 1.725 lits. « Elle est en baisse continue », souligne l’organisme officiel.

La situation des femmes et des personnes âgées a été abordée dans ce rapport, et qualifiée d' »accablante » par de nombreux observateurs présents.

« Les établissements, dans leur majorité, n’intègrent pas l’approche du genre dans leurs plans et n’accordent pas aux femmes l’intérêt qui leur est dû au regard de leurs besoins spécifiques », selon le CNDH.

Quant aux personnes âgées, « il n’y a pas de prise en charge appropriée ».

Selon un responsable gouvernemental qui a requis l’anonymat, le rapport du CNDH sera « probablement » présenté au rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Juan Mendez, attendu au Maroc du 14 au 21 septembre.

L’organisme a également évoqué la situation des toxicomanes, jugeant « insuffisantes » les structures dédiées aux addictions.

« Les services d’addictologie existant actuellement sont insuffisants par rapport à la prévalence de la dépendance alcoolique et aux drogues, et presque inaccessibles par rapport aux moyens des toxicomanes », conclut le rapport.

Lors de sa présentation, le président du CNDH a annoncé qu’un autre rapport détaillé, sur la situation des prisons au Maroc, serait bientot divulgué. Il n’a toutefois pas donné de date précise.

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