Les banques, ces vrais crocodiles…

Les banques, ces vrais crocodiles…
0 commentaires, 06/03/2013, Par , Dans Chroniques, Couverture

Le Conseil de la Concurrence a présenté avant-hier lundi les conclusions d’une importance étude qu’il a réalisée sur le secteur bancaire au Maroc, mettant en évidence nombre de secrets de ces véritables empires qui agissent dans ce secteur. Il ne reste plus qu’à attendre que les conclusions et recommandations de ce rapport ramènent ces géants financiers dans le giron de la loi et de la saine concurrence… Mais, avant, cela, arrêtons-nous quelques instants et observons les premiers chiffres de cette étude : le Maroc comprend 19 institutions bancaires, et 11 d’entre elles sont dominées par le capital étranger, essentiellement français (nous comprenons maintenant le fondement de l’influence française sur l’économie, l’administration et la politique au Maroc). Ces banques gèrent quelques 17 millions de comptes, ce qui signifie que plus de moitié de la population est liée à une des 19 banques, ce qui montre l’implication et l’importance du secteur financier dans la vie quotidienne des Marocains, nécessitant une profonde restructuration de cette relation afin de la rééquilibrer.

Cette population de 17 millions de clients épargne son argent en le confiant à la banque, emprunte de cette même banque, ou s’en sert comme intermédiaire avec les employeurs – privés ou publics – et c’est pour cela qu’il importe de mettre en place des mécanismes juridiques afin de protéger les consommateurs des services bancaires des véritables « lames de rasoir » que sont ces porteurs de cravates de bonne facture.

Les Marocains se plaignent du niveau élevé des taux d’intérêts qui leur sont appliqués, soit pour les crédits de consommation ou encore pour les prêts immobiliers ; ainsi, alors que les banques espagnoles, par exemple, affichent des taux de 2,5% pour les crédits immobiliers, leurs consœurs marocaines font payer à leurs clients plus de 6%. Et plus grave encore, cette « entente secrète » entre les établissements financiers autour d’un taux minimal, ce qui place le consommateur face à une sorte de monopole et non les 19 raisons sociales qui sont supposées être concurrentes. Ajoutez à cela la question de l’assurance du crédit, que le consommateur n’a aucune possibilité de choisir ; c’est en effet la banque qui octroie le crédit qui impose une compagnie d’assurances à son client, et la plupart du temps, la compagnie désignée est une filiale de la banque en question, une sorte de « pareil au même » qui contrevient aux règles de la concurrence et au droit du client de contracter avec qui bon lui semble. Et ne parlons même pas de ces contrats confus, complexes et donc obscurs qui font que les clients de conditions modestes, qui forment la majorité, se trouvent dans l’incapacité de comprendre la logique bancaire.

Quant à la contrepartie directement prélevée sur les comptes, et qui est indiquée comme frais de tenue et de gestion des comptes (frais de cartes bancaires, de chéquiers, de virements, d’intermédiation boursière…), elle ne répond à aucun contrat, elle n’est soumise à aucune règle qui obligerait les banques à faire montre de plus de transparence et de clarté à l’égard de ses clients.

Une banque est une institution vitale pour l’économie des ménages et des entreprises, et si cette institution ne joue pas le jeu de la saine compétition, elle devient handicapante pour le fonctionnement général de l’économie. Les dépots qui lui sont confiés ne lui appartiennent pas, mais relèvent de l’intérêt général ; ces capitaux doivent circuler sur la base de règles et de mécanismes clairs et connus. Oh certes, il est parfaitement du droit des banques de réaliser des profits, mais tout le monde a aussi le droit de gagner… Mais que les banques agissent comme elles le font, sans prise de risques, sans esprit citoyen, hors du toute forme de respect de la loi et du droit, sans prendre garde aux intérêts de leurs clients, alors elles deviennent des « vampires » qui se sustentent de l’indigence des populations et qui ne prospèrent pas en enrichissant le pays.

L’autorité de tutelle du secteur, représentée par l’institution de la banque centrale, Bank al-Maghrib, organise ce monopole et n’impose pas les règles de concurrence. Ainsi, au lieu que cette institution intervienne comme le gendarme qui veille à la protection des intérêts des clients et à la préservation d’un esprit de concurrence o combien vital dans tout système capitaliste libéral, elle se comporte comme une mère poule qui couve ses enfants ou, au mieux, un modérateur mou qui n’en peut mais… C’est la raison pour laquelle les Britanniques définissent les banques comme « des gens qui vous tendent un parapluie par temps chaud, et qui vous le retirent dès que la bise arrive », ce qui signifie que la banque est à vos cotés quand vous n’en avez nul besoin, mais qu’elle se retire à la première sollicitation de votre part. Quant aux Américains, ils ont une définition caustique pour définir les banques, suite aux faillites enregistrées ces dernières années par certaines d’entre elles : « Le gangster n’est pas celui qui braque un banquier, mais le banquier lui-même »…

Mots Clefs:
Maroc

À propos IBERGAG

Auteurs Anonyme contribuant a l'actualité sur le site communautaire http://ibergag.com

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *