Le triple échec de John Kerry en seulement 3 mois

Le triple échec de John Kerry en seulement 3 mois

En trois mois d’exercice de chef de la diplomatie, John Kerry s’est attiré les foudres de trois pays, dont deux alliés militaires de Washington : le Maroc sur le dossier du Sahara, la Turquie en ordonnant au premier ministre Erdogan d’annuler sa visite à Gaza et enfin avec la Chine sur l’Asie-Pacifique. Une région qui verra, début mai, la création d’une zone de libre-échange, formée de 16 pays mais sans les Etats-Unis.

Le mois d’avril est la saison propice des tempêtes au Sahara occidental. Cette année, un ouragan, nommé Kerry, a failli balayer la région. Finalement, il est en train de perdre de sa vigueur, effleurant les cotes de Laâyoune sans causer, réellement, de grands dégâts, comme le laissaient entendre les météorologues du Conseil de sécurité. Toutefois, il ne s’agit pas seulement d’une fausse alerte, le risque court toujours avec un éventuel report pour l’année prochaine.

Le projet de résolution des services de John Kerry accordant la surveillance des droits de l’Homme à la Minurso a de fortes chances d’être soumis, encore fois, en 2014. Rabat doit prendre très au sérieux cet avertissement de la part de son « allié » traditionnel. La cadence avec laquelle la diplomatie royale, et non gouvernementale, a défendu ce dossier est appelée à se poursuivre durant toute l’année, notamment sur le dossier des droits de l’Homme, véritable talon d’Achille du Maroc sur la scène internationale.

Ouvrir le territoire du Sahara aux visites des ONG internationales est le meilleure moyen pour le royaume de renverser la vapeur et par la même occasion gagner, dans une première phase au moins, la neutralité de ses associations en attendant, pourquoi pas, leurs adhésion à la cause du Maroc.

Erdogan refuse l’injonction de Kerry d’annuler sa viste à Gaza

En trois mois d’exercice, le chef du département d’Etat américain a brillé, beaucoup plus, par la prise de positions inattendues sur des dossiers internationaux que par des réalisations sur le terrain. Outre la question du Sahara où il vient de faire marche arrière après le refus de la France, l’Espagne et la Russie de le suivre dans son aventure, il compte à son passif une ingérence dans la politique intérieure turque et une tension avec la Chine, le plus gros bailleur de fonds des Etats-Unis.

Mardi, à l’occasion d’un voyage à Ankara, John Kerry, faisant fi des règles les plus élémentaires de la diplomatie, a ordonné au puissant Premier ministre turc, d’annuler son déplacement, prévu fin mai, à Gaza. Furieux, Recep Tayyip Erdogan a déclaré à la presse qu’ « il n’est pas question de différer cette visite » dans le territoire palestinien. Pourquoi une telle gaffe de la part de Kerry alors que les relations entre Israël et la Turquie sont, de nouveau, relancées après les excuses officielles de Tel Aviv et la promesse de dédommager les familles des victimes du paquebot Marmara affrété, en mai 2010, par la Fondationmois d’aide humanitaire turque vers Gaza, sous blocus israélien ?

Washington exclue de la zone de libre d’échange en Asie-Pacifique

Ce n’est pas tout puisque la nouvelle politique américaine irrite, également, un autre allié de Washington. La Chine vient d’accuser, implicitement, l’administration Obama d’exacerber les tensions en Asie-Pacifique. « Les tentatives de certains pays visant à renforcer leur présence militaire et leurs alliances dans la région ne contribuent pas au maintien de la paix et de la stabilité », indique un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères.

Toujours dans la région de l’Asie-Pacifique, les Etats-Unis sont sur le point de perdre leur place dans le tour de table d’une zone de libre-échange en cours de préparations. L’agence AFP, révèle sur la base d’un document confidentiel que les dirigeants de Bruneï, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Birmanie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam, Japon, Chine, Corée du Sud, Inde, Australie et la Nouvelle-Zélande, commenceront, début mai, des négociations pour le lancement, sans la participation des Etats-Unis, d’un nouveau groupement économique doté d’un marché de 3,5 milliards d’habitants et de  23.000 milliards de dollars, soit le tiers du PIB mondial.

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MarocSahara

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