Le roi demande à Benkirane d’appliquer la loi

Le roi demande à Benkirane d’appliquer la loi

L’agression du député PJD par les forces de l’ordre, et son passage à tabac, n’est plus cet accident de parcours entre le ministère de l’Intérieur et le parlement… Cet évènement a pris la dimension d’une affaire nationale, après l’implication du roi Mohammed VI qui est intervenu en appelant le chef du gouvernement à ce propos.

Des sources internes au PJD ont indiqué à Akhbar Alyoum que « Sa Majesté le Roi a contacté le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, et lui a fait part de son entière et totale désapprobation quant à ce qui est arrivé au jeune député, membre par ailleurs du Forum de la Dignité, du fait des forces de l’ordre, de même qu’il a appelé le chef du gouvernement à appliquer la loi ».

Selon nos sources, la souplesse dont ont fait montre le ministre de l’Intérieur Mohand Laenser et son ministre délégué Charki Draïss lors de leur rencontre avec le président de la Chambre des Représentants, le chef du groupe parlementaire du PJD et le député victime de la violence policière, respectivement Karim Ghellab, Abdallah Bouanou et Abdessamad el Idrissi, revient à l’intervention royale.

Le ministère de l’Intérieur a donc demandé un délai de 48 heures (expirant mercredi) à la Chambre des Représentants pour l’informer de sa décision, bien que les responsables du ministère eurent tenté de justifier la difficulté à prendre une décision de suspension ou de révocation des coupables de cette agression par la situation générale du pays ainsi que par leurs instructions de fermeté à leurs troupes pour mettre un terme aux manifestations permanentes sur la place publique qui créent une sorte d’anarchie dans le pays.

Un député du même groupe, dans la même Chambre, considère que les choses ne passeront pas aussi simplement, et que le ministère de l’Intérieur doit d’abord présenter des excuses au parlement, et ensuite prendre des sanctions contre les auteurs de l’agression physique et verbale de l’élu… A défaut de se soumettre à ces conditions, la Chambre des Représentants menace de créer une commission d’enquête sur les comportements des forces de l’ordre dans leurs interventions pour disperser les manifestants et non seulement contre Abdessamad el Idrissi. Pour le député PJD, ces pratiques de la police sont illégales et violent le principe de la proportionnalité entre l’acte et la réaction qu’il induit.

Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur a donné une autre version de l’incident ; selon le ministère, donc, le député a tenté de s’interposer dans la mission des forces de l’ordre, qui ont alors entrepris de l’interpeller, mais que suite à cela, et après qu’el Idrissi eut produit les documents attestant de sa qualité, la police l’a relâché. Les deux ministres ont cependant reconnu qu’au moins un officier de police a insulté le député. Quant aux coups et blessures, une enquête a été ouverte pour déterminer les conditions précises des faits.

Plusieurs députés ont exprimé leur étonnement face à la placidité dont a fait preuve Abdelilah Benkirane suite à cette affaire, bien qu’il soit le chef de l’administration à laquelle appartient le ministère de l’Intérieur ; en effet, le chef du gouvernement a préféré laisser les deux institutions concernées – Chambre des Représentants et ministère – régler ce contentieux sans que lui n’intervienne. Bien plus encore, lors d’un rassemblement interne de son parti, Benkirane a éludé la question mais, pressé de questions, il a déclaré qu’il fallait d’abord recevoir la déposition d’el Idrissi avant de décider de le soutenir. Le chef du gouvernement semble vouloir éviter un affrontement avec son ministère de l’Intérieur, lequel ministère l’avait déjà empêché lui-même de tenir un meeting à Tanger, l’été dernier.

Cette affaire rappelle quelque part la malheureuse intervention de l’ancien gouverneur de Sidi Bennour qui avait comparé le ministre d’Etat Baha à un chien, une saillie douteuse qui lui avait d’ailleurs valu son poste, sur ordre de Mohammed VI, laquelle décision avait extrêmement satisfait alors le PJD.

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Benkirane

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