France : L’ agent de sûreté sanctionné pour avoir dit Salam retourne au travail

France : L’ agent de sûreté sanctionné pour avoir dit Salam retourne au travail

Le tribunal administratif de Nice, dans le sud-est de la France, a suspendu vendredi un arrêté pris par le préfet qui suspendait pour deux mois l’habilitation d’un agent de sûreté aéroportuaire de l’aéroport de Nice soupçonné de « radicalisation religieuse ».

« Le tribunal administratif a suspendu la décision préfectorale », s’est réjoui dans un courriel à la presse Me Sefen Guez Guez, l’avocat du jeune homme.

Dans son ordonnance, le juge des référés a indiqué suspendre la décision préfectorale car elle ne comportait « aucun élément matériel précis et circonstancié sur le comportement reproché » à l’employé. Le préfet « ne s’en est tenu qu’à des affirmations » et n’a pas produit de « note (…) reprenant les conclusions de l’enquête des services de renseignements spécialisés » concernant le plaignant, souligne le juge.

Le juge des référés enjoint au préfet de restituer à l’agent de sûreté son « habilitation valable jusqu’en 2016 ».

Le préfet Adolphe Colrat a indiqué qu’il ne contesterait pas cette décision et qu’il trancherait lundi sur un éventuel retrait définitif de son habilitation à l’employé incriminé.

Le jeune homme qui travaille pour la société sous-traitante ICTS au service de contrôle des bagages en soute avait contesté mardi devant le juge des référés la suspension par la préfecture de son habilitation à circuler en zone réservée de l’aéroport.

« Nous avons agi à titre conservatoire », la police aux frontières (PAF) ayant été « avisée d’un comportement particulier de l’intéressé », avait indiqué le directeur de cabinet du préfet Jehan-Eric Winckler à l’audience mardi: le fait qu’il s’était renfermé sur lui-même, qu’il ne faisait pas la bise à ses collègues féminines ou encore qu’il « répondait en arabe » à certains interlocuteurs. Le jeune homme n’aurait également, selon lui, « pas montré de répulsion » à l’évocation de certains « actes terroristes ».

Français d’origine algérienne, l’agent de sûreté incriminé est père de famille, délégué syndical. C’est « quelqu’un de très intégré » dans l’entreprise, de « très bien perçu » et qui n’a « jamais posé problème », avait assuré en marge de l’audience Laury Bouhachi, délégué du syndicat CGT.

Pour Me Sefen Guez Guez, le dossier contre lui était vide. « Il n’y a aucun élément » corroborant les accusations de prosélytisme et de radicalisation contre son client et des « jalousies » au sein de la société pourraient être à l’origine de l’affaire, avait-il indiqué.

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