Le petit ventre tout nu du député…

Le petit ventre tout nu du député…
0 commentaires, 18/02/2013, Par , Dans Chroniques, Couverture

Driss Radi… ce parlementaire est entré par la grande porte dans l’histoire du pays en dénudant son ventre en pleine séance de la Chambre des Conseillers, l’exposant à la vue des Marocains – et en premier de leur chef du gouvernement Abdelilah Benkirane. En pleine séance, donc, de la Très Honorable Chambre. En faisant ce geste, Radi voulait signifier clairement au chef du gouvernement qu’il est honnête ; il s’est donc déshabillé, rendant la scène politique encore plus risible qu’elle ne l’est déjà, et offrant au public encore plus de raisons de se moquer de ces gens élus qui ne trouvent semble-t-il aucune difficulté à offrir aux populations davantage d’arguments de se désintéresser d’eux et de la politique, telle que la pratiquent ces gens-là.

Mais en dépit de cela, force est de reconnaître que cet acte revêt une certaine originalité que nous ne pouvons ni ne devons occulter : Notre ami au ventre apparent a mis au point un autre moyen de faire de la politique, celui de « se mettre à p… ». Et, du coup, si les conservateurs traquaient hier les femmes qui montraient leurs charmes dans les films, ils pourront aujourd’hui s’en prendre aux personnels politiques qui se mettent nus, ou presque.

En fait, nous ignorons les prescriptions de la religion face à ce nouveau phénomène qui vient d’apparaître dans la Très Honorable Assemblée… Mais ce que l’on sait, en revanche, c’est que les parties intimes d’un homme vont de son nombril à un peu au-dessus du genou ; aussi, les obsédés de la fatwa, en cas de désœuvrement, devront trouver matière à traquer Radi pour avoir ébranlé la foi de toutes ces femmes installées chez elles, devant leurs télés, mardi dernier. Il ne serait pas étonnant que les associations féministes se dressent comme une seule femme pur protester, mais cette fois-ci, ce ne sera pas pour atteinte à la femme, ses droits et son image, mais sur les conséquences de la vue du ventre de Radi sur les générations futures et sur ces dames enceintes à l’instant où Driss Radi a décidé de se départir de la pudeur requise en se dénudant sous les yeux des Marocains.

Maintenant, et loin de tous les rires et sarcasmes que peut susciter cette image affligeante, interrogeons-nous sur les limites que se sont fixées nos preux politiciens, sur la conscience qu’ils ont de ce qu’ils font de et sur la scène politique et des dégâts qu’ils ont occasionné tout au long de ces années au regard porté sur eux par les populations.

Et puis, interrogeons-nous aussi un peu sur ce que pourrait penser le citoyen lambda en constatant le niveau auquel les politiciens n’hésitent pas à tomber, dans leurs faits et méfaits, dans leurs gestes indigestes. Mais n’oublions pas non plus que ce geste de Radi, qui évoque dans sa gravité ceux des jeunes poivrots des quartiers qui menacent tout le monde « de se foutre à poil », était une réaction de colère à des propos à lui adressés par le chef du gouvernement, et qui sont tout aussi graves et navrants.

En effet, le chef du gouvernement, dans une adresse directe à Driss Radi, lui avait demandé de ne point évoquer « ce sujet en particulier », à savoir le foncier, avant qu’il ne parle de tous ces ventres qui doivent être purs et vides de toutes turpitudes avant que leurs propriétaires n’ouvrent la bouche… Ces propos auront été compris par tous les observateurs de la « scène du ventre », en direct ou après, dans le sens que le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane disposait d’informations graves claires et précises sur Radi et ses compromissions, des informations qui lui ont fait dire ce qu’il a dit au conseiller.

Et alors les choses sont évidentes : Benkirane parle en connaissance de cause, a appris des choses sur Radi mais n’a demandé l’ouverture d’aucune enquête sur le comportement et les agissements de ce dernier ; cela signifie que le chef du gouvernement lui-même agit d’une manière douteuse pour ne pas dire autre chose et qu’il s’expose ainsi aux rigueurs de la loi. Mais si, d’un autre coté, Benkirane en attaquant Radi faisait seulement du « chahut », qu’il l’a accusé sans ne disposer d’aucune preuve ou même indice contre l’élu, alors les choses seraient encore bien plus graves que dans le cas contraire où le chef du gouvernement saurait , mais se tait.

Benkirane est un homme d’Etat, chef du gouvernement du Maroc ; à ce titre, il ne doit pas accuser sans preuve(s). et lui, plus que quiconque, sait que ce type de comportement nuit à la crédibilité de la classe politique dans son ensemble du fait du manque de sérieux de la plupart de ses acteurs qui parlent d’une façon et agissent d’une autre, qui s’expriment sans mesurer la portée de leurs propos, des propos jetés sous le coup de la colère, de l’émotion, mais des propos bien vite retirés et dont ils se lavent les mains des conséquences encore plus vite.

Dans le cas évoqué ici, les gens ont appris que les deux adversaires, Benkirane et Radi, se sont réconciliés à la fin de la séance suite aux bons offices d’un autre élu à la Deuxième Chambre. Un bon et sonore « pas de problème » a clos la dispute.

Mais posons quand même cette question à laquelle nous conduit ce petit ventre tout nu : Ces gens sont-ils vraiment sensés et en possession de leurs facultés, ou alors c’est nous qui voyons le mal partout ?…

Mots Clefs:
Maroc

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