Le pédophile gracié travaillé dans une université espagnole

Le pédophile gracié travaillé dans une université espagnole

Le pédophile espagnol dont la grâce a été annulée dimanche par le roi du Maroc Mohammed VI avait travaillé à l’université de Murcie, dans le sud-est de l’Espagne, jusqu’en 2002, a indiqué lundi l’université.

Daniel Galvan, condamné en 2011 à 30 ans de prison pour des viols sur onze mineurs, avait travaillé comme stagiaire entre 1996 et 1998 au département de Relations internationales de cette université, puis sous contrat entre 1998 et 2002, a précisé un porte-parole de cette université.

« Il était impliqué dans le développement des relations de l’université avec le monde arabe et la mobilité des étudiants. Il n’était pas professeur, il faisait partie du personnel administratif », a ajouté ce porte-parole.

Il a expliqué que l’homme ne s’était pas présenté en 2002 à un concours qui lui aurait permis de renouveler son contrat, et que depuis qu’il avait quitté son poste, « l’université n’avait plus jamais eu de contact avec lui ».

Le recteur de l’université, José Antonio Cobacho, a déclaré aux médias qu’après avoir appris la nouvelle de la libération, il avait consulté la fiche de l’homme où était signalée « sa grande connaissance des langues, en particulier de l’arabe ».

Il a ajouté que la collaboration de Daniel Galvan avec l’université s’était déroulée « de manière absolument normale » et qu’il avait « effectué correctement son travail », la preuve en étant qu’il avait « été titulaire d’une bourse durant les deux premières années puis qu’il avait eu un contrat de travail pendant quatre ans », avant de décider en 2002 de suivre une autre voie.

Selon le quotidien El Mundo, qui ne cite pas ses sources, Galvan, d’origine irakienne, s’était installé en 2005 à Kenitra, au Maroc, et avait raconté autour de lui qu’il était un professeur d’université à la retraite.

Selon le journal, le tribunal qui l’a condamné a établi qu’il avait « profité des problèmes d’argent des familles du voisinage » pour commettre des abus sur les enfants.

Selon El Pais, Galvan avait raconté à son avocat marocain qu’il était un ancien responsable de l’armée irakienne et avait collaboré avec les services secrets étrangers pour renverser l’ancien dictateur Saddam Hussein, chassé du pouvoir lors de l’intervention militaire menée par les Etats-Unis en 2003.

Pour ce journal, le nom de Daniel Galvan peut être « l’identité que lui ont fabriquée les services secrets quand ils l’ont fait sortir d’Irak, lui ont fourni des papiers espagnols et l’ont transformé en un professeur de l’université de Murcie à la retraite ».

La libération de Daniel Galvan est intervenue dans le cadre d’une grâce royale accordée à 48 prisonniers espagnols au nom, selon les médias officiels marocains, de l’excellence des relations bilatérales, quelques jours après une visite du roi d’Espagne Juan Carlos.

Mais, moins de 24 heures après avoir annoncé l’ouverture d’une enquête sur cette « regrettable libération », qui a provoqué une vague de colère populaire au Maroc, le souverain marocain a décidé dimanche d’annuler la grâce.

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