Le pape, le printemps arabe, l’esclavage, la colonisation… et plein d’autres choses

Le pape, le printemps arabe, l’esclavage, la colonisation… et plein d’autres choses
0 commentaires, 20/03/2013, Par , Dans Chroniques, Couverture

Quand le pape Benoît XVI avait annoncé son renoncement à la charge papale, certains avaient vu dans cette décision l’arrivée du printemps arabe au Vatican, cette cité dont personne n’avait vu ni entendu toutes ces histoires extraordinaires d’argent, de religion, de politique et de sexe, entre autres affaires…

Et voilà quelques jours, lorsqu’un nouveau pape a été élu par ses pairs, ce prêtre argentin réputé pour son austérité, sa sobriété et sa proximité et sa compassion pour les pauvres et les faibles, il est apparu aux yeux de tous et le plus clairement du monde que ce qu’on appelle le printemps arabe aura influé sur les chrétiens qui auront décidé de faire, à leur tour, ce que font les autres, dans le sens où le Vatican est lui aussi infesté de corruption dont il faut se débarrasser en tout ou en partie.

Quand Benoît XVI avait quitté, il avait fait allusion à certaines pratiques en vogue au sein de l’Eglise catholique, des pratiques qui lui font si peu honneur. Il est certain que l’homme détenait tous les secrets, mais il n’en parlait jamais. Cependant, ses allusions avaient suffi pour que tout le monde sache que le Vatican n’était pas seulement ce bastion de la piété qu’il est réputé être, mais qu’il renfermait tout une panoplie de pratiques et comportements étranges : la religion qui sert la politique, la politique qui sert la religion, l’argent qui sert à tout, et tout ce qui est fait, partout…

Dans les années, les décennies et même les siècles passés, l’Eglise avait toujours été liée à des scandales sexuels de toutes natures, avec une certaine prédilection des prêtres pour le viol des petits enfants. Mais malgré cela, tout se passait bien ; parfois même, on se débarrassait de certains prêtres et tout rentrait dans l’ordre. La semaine dernière, après l’élection de François, un des cardinaux ayant participé au conclave avait affirmé que le viol des enfants n’était pas vraiment un crime, mais juste une « simple pathologie ».

L’histoire de l’Eglise catholique est rythmée par de grands scandales. Ainsi, sans la bénédiction des chefs catholiques pour l’esclavagisme, il n’y aurait pas eu tous ces peuples, tous ces millions d’Africains massacrés, asservis ou traités comme des bêtes. Si le Vatican ressentait quelque culpabilité pour cette histoire qui est la sienne, il aurait élu un pape noir, mais cela ne s’est pas produit car le racisme est ancré jusqu’au tréfonds de la foi de l’Eglise.

La colonisation, cette politique qui a détruit des peuples entiers et ruiné des pays jadis prospères, n’aurait jamais eu le succès qu’on lui connaît si elle n’avait pas reçu l’onction de l’Eglise qui estimait que les massacres et les tueries commis ici et là étaient un moyen de sortir les peuples ainsi persécutés de leurs ténèbres pour les mener vers les lumières de la foi catholique, une foi qui prenait pourtant appui sur l’argent et les intérêts économiques. Voilà, donc, pourquoi ont été commis les génocides des populations autochtones d’Amérique, d’Australie, d’Afrique et d’Asie.

Et puis, rappelons que l’Eglise catholique a de tous temps été liée aux dictatures militaires ou aux pouvoirs de droite. Ainsi, le pape actuel, du temps où il officiait à Buenos Aires, n’avait absolument rien dit contre les agissements des militaires de son pays et quand la junte avait été chassée, le même s’était transformé, soudainement, en adversaire féroce des défenseurs de la démocratie.

Et la même chose s’était produite en Espagne où l’Eglise avait composé avec la dictature de Franco pendant de longues décennies. A sa mort, les prêtres avaient entrepris d’éreinter les démocrates et de critiquer leur approche du pouvoir, au point que l’Eglise s’était compromise avec les militaires et avait même été impliquée dans le putsch avorté contre la démocratie en 1981.

Le Vatican, par ailleurs, remue ciel et terre quand quelqu’un jette une pierre contre une église, mais ne pipe mot quand des centaines de jeunes filles musulmanes sont empêchées de poursuivre leurs études en Europe pour le seul fait qu’elles souhaitent être voilées.

Le Vatican dispose d’un pouvoir économique plus important que l’on pourrait penser. Aucun pays ne peut adhérer à l’Union européenne sans l’assentiment des autorités ecclésiastiques de Rome. Le meilleur exemple est apporté par la Turquie qui, bien qu’affichant une excellente santé financière et bien qu’elle soit promise à un rang de grande puissance dans les prochaines décennies, a vu sa candidature à l’Union européenne refusée parce que sa population est à majorité musulmane et que les Européens sont chrétiens. Nous sommes là face au plus grand mélange entre politique et religion. Les aspects laïques européens ne sont que du vernis et ne se rapportent qu’aux détails, comme les libertés et les droits individuels. Cependant, pour les grandes questions stratégiques, la religion tient un grand role, crucial même, sauf que tout est fait d’une façon discrète et intelligente.

Quand Hassan II avait créé la surprise en présentant la candidature du Maroc à ce qui s’appelait encore la Communauté économique européenne, dans les années 80, il savait devoir passer par le Vatican, et c’est pour cette raison qu’il avait invité Jean-Paul II à Casablanca, la première visite d’un souverain pontife dans une nation qui ne comptait aucun chrétien. Las… on connaît la suite.

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Maroc

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