Le mépris qui doit cesser

Le mépris qui doit cesser
0 commentaires, 26/02/2013, Par , Dans Chroniques, Couverture

L’affaire du substitut du procureur de Midelt et du tolier Hicham soulève une grande problématique au Maroc. Sans entrer dans les détails de cette affaire, en cours d’instruction, il importe toutefois d’en relever certains points qui en sont à la marge.

Ainsi, ce substitut, à en croire les révélations de la presse, avait été désigné à Midelt pour raisons disciplinaires… un comportement caractéristique de l’administration marocaine qui sanctionne ses éléments en les expédiant dans des régions connues depuis le Protectorat comme appartenant au « Maroc inutile » (par opposition au « Maroc utile »). Le ministère de la Justice, la Direction de la Police nationale et bien d’autres administrations recourent à ce genre de sanctions, et mutent leurs fonctionnaires à Midelt, Errachidia, Ouarzazate, Zagora, Zag, Dakhla et bien d’autres contrées perdues dans le Maroc profond, comme si les habitants de ces régions n’avaient pas assez de leurs rudes conditions de vie et de l’injustice commise à leur endroit par le Maroc central qui, au lieu de s’en occuper, les accable encore davantage en affectant chez eux des fonctionnaires déméritant.

Or, le plus grave est que ces gens mutés dans ces endroits se vengent sur leurs populations en faisant montre à leur endroit de la rudesse la plus extrême et en leur vouant le mépris le plus total. Et comment donc, pourquoi donc ne réagiraient-ils pas ainsi, eux qui savent que l’administration elle-même considère les habitants de ces régions comme des citoyens de seconde zone, vivant dans des endroits improbables qui ne servent à rien d’autre qu’à punir les « mauvaises graines » ? Ce comportement ressemble assez à celui des pays industriels qui se débarrassent de leurs déchets industriels dans les pays du Sud.

On ne peut certes généraliser en tenant tous les fonctionnaires affectés dans ces régions pour de mauvais cadres ou des gens ayant un comportement incorrect, mais ce qui se produit sous nos yeux nous conduit à nous poser des questions sur le fonctionnement de notre administration et son mode de pensée qui méprise des régions entières en s’en servant comme lieux de punitions.

La presse a (très) souvent relaté ce mépris voué par des fonctionnaires, des agents d’autorité ou policiers aux populations des villes où ils sont affectés, dans le Maroc inutile… et encore, la presse ne sait que ce dont elle est informée, quant au reste…

Et donc, nous pouvons dire que c’est l’Administration, avec un grand A, qui méprise les populations de ces régions du Maroc oublié. Et ce mépris doit cesser.

Mots Clefs:
Maroc

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