Le Maroc s’enfence encore avec un emprunt de 750 millions de dollars sur les marchés internationaux

Le Maroc s’enfence encore avec un emprunt de 750 millions de dollars sur les marchés internationaux

Le Maroc vient de sortir, comme prévu, sur les marchés internationaux pour émettre un emprunt obligataire de 750 millions de dollars. Il a réussi le tour de force de conserver les taux avantageux dont il avait bénéficié l’an dernier, malgrè la déterioration de l’état de ses finances.

Nizar Baraka l’avait annoncé en février, le Maroc vient de lever 750 millions de dollars sur les marchés internationaux par un emprunt obligataire mené, comme en décembre 2012 par les Banques Barclays, BNP Paribas, Citigroup and Natixis, révèle Euroweek.com. L’opération annoncée hier, a été réalisée aujourd’hui, jeudi 23 mai.

Le Maroc s’est appuyé sur la possibilité de se fonder sur le précédent emprunt réalisé en décembre 2012 pour émettre un nouvel emprunt. Il a augmenté de 50% des deux tranches de son emprunt précédent : 1 milliard emprunté sur 10 ans à un taux de 4,25% et 500 millions, empruntés sur 30 ans, à un taux de 5,5%. Il a ainsi levé 500 millions de dollars remboursables sur 10 ans et 250 millions de dollars remboursables sur 30 ans.

Meilleur deal 2012

Un réunion a été organisée, hier, à Londres avec Nizar Baraka, ministre marocain de l’Economie et des Finances et d’autres responsables, selon l’Economiste, pour décider de cette levée de fonds. Nick Darrant, à la tête du syndicat CEEMA de la banque BNP Parisbas, à Londres, estime que le Maroc a su saisir le moment « opportun », dans les fluctuations du marché pour émettre ses bonds du trésor.

En se basant sur l’emprunt de l’an dernier, le Maroc a réussi à prolonger des taux d’emprunt extrêmement avantageux pour lui – ils lui avaient même valu le prix du « Meilleur deal 2012 en Afrique et au Moyen-Orient », par le magazine Euromoney – alors que sa situation financière et budgétaire est aujourd’hui très délicate.

Déficit budgétaire 

Fin avril, le déficit budgétaire marocain, se monte à 21,4 milliards de dirhams, soit 2,5 % du PIB, mais une augmentation du déficit de 90% par rapport à l’an dernier à la même époque, rapporte les Echos. Les dépenses de l’Etat sont en hausse de 8,9% par rapport à l’an dernier, tandis que les recettes n’ont augmenté que de 1,6%.

A la fin avril les besoins du Trésor se sont établis à 26,2 milliards de dirhams. Le taux de couverture des importations par les exportations a baissé de 48,8% fin avril 2012, à 48,2% à la fin du mois d’avril 2013. Les recettes MRE qui apportent des devises à l’économie nationale ont tendance à baisser depuis plusieurs mois. Elles étaient en baisse de 3,8 % sur la période janvier-mars 2013, par rapport à la même période de l’an dernier. Le Maroc peine à maintenir des réserves de changes qui dépassent 4 mois d’importation. Cet emprunt obligataire lui donnerait plus de marge de manœuvre.

Ligne de crédit FMI

Le Maroc possède une ligne de crédit ouverte par le FMI de 6,2 milliards de dollars depuis août 2012 et confirmée en février 2013, mais il a visiblement décidé de ne pas y avoir recourt, à moins qu’il ne puisse déjà plus le faire, en raison de l’accroissement vertigineux de son déficit budgétaire. Les emprunts réalisés par les Etats auprès du FMI sont toujours conditionnés. Pour le Maroc, « Dans le cadre de cette stratégie [ de réduction du déficit budgétaire, ndlr], il sera important d’aller plus loin avec les réformes de la caisse de compensation et le système de retraite et de mieux cibler le système de protection sociale », soulignait le communiqué du FMI, en février. Les experts du FMI sont attendus au ministère des Finances dans les prochains jours, selon l’Economiste, pour consulter les comptes nationaux. De leur verdict dépendra le maintien ou non de l’ouverture de la ligne de crédit.

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