Le Maroc poursuit en justice Zakaria Moumni pour diffamation (VIDÉOS)

Le Maroc poursuit en justice Zakaria Moumni pour diffamation (VIDÉOS)

Le Maroc a annoncé vendredi avoir assigné en justice à Paris un ressortissant franco-marocain, Zakaria Moumni, pour des déclarations à deux télévisions françaises en janvier, dénoncées comme diffamatoires à l’encontre des autorités marocaines.

Suite à ces propos « mettant gravement en cause les autorités marocaines, le Royaume du Maroc a fait citer l’intéressé devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris », a indiqué l’ambassade du Maroc à Paris dans un communiqué. L’affaire passera « à l’audience du 20 mars prochain pour des faits de diffamation », a-t-elle précisé.

En marge de la manifestation du 11 janvier contre le terrorisme et pour la liberté d’expression après les attentats de Paris, Zakaria Moumni avait dénoncé, sur les chaînes I-Télé et BFMTV, la présence dans la capitale française de représentants du Maroc, estimant qu’ils n’y avaient « pas leur place ».

Il avait réaffirmé à cette occasion avoir été « enlevé, séquestré, et torturé » au Maroc, mettant à nouveau en cause le patron du contre-espionnage (DGST) de Rabat, Abdellatif Hammouchi.

Zakaria Moumni a déposé plainte en février 2014 en France pour torture, en visant notamment M. Hammouchi, qu’il accuse d’avoir assisté aux sévices qu’il aurait subis. Une enquête est en cours à Paris.

Plusieurs autres plaintes contre M. Hammouchi avaient à la même époque entraîné une grave crise diplomatique entre Paris et Rabat, quand des policiers français s’étaient rendus à la résidence de l’ambassadeur du Maroc pour notifier au patron de la DGST à l’occasion d’une visite en France une convocation d’un juge d’instruction.

Paris et Rabat ont récemment mis fin à cette longue crise et repris leur coopération bilatérale, notamment dans les domaines sécuritaire et judiciaire.

Ex-champion du monde de kickboxing light contact, Zakaria Moumni, 34 ans, avait été arrêté au Maroc en 2010 et condamné dans une affaire d’escroquerie à 30 mois de prison au terme d’un procès qualifié d »inéquitable » par Human Rights Watch. Il a toujours affirmé avoir signé ses aveux sous la torture.

Il n’était pas immédiatement joignable vendredi soir pour réagir à la plainte en diffamation qui a été déposée à son encontre par Rabat.

À propos François Deville

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