Le football marocain se penche sur la violence dans ses stades

Le football marocain se penche sur la violence dans ses stades
0 commentaires, 12/10/2012, Par , Dans Couverture, Sport

Infrastructures déficientes, création d’un cahier des charges pour limiter le nombre d’incidents… le football marocain s’est penché jeudi à Marrakech (sud) sur la violence dans ses stades et les moyens d’y remédier, lors de Foot Expo, premier salon africain du genre.

Le Maroc doit accueillir en 2013 et 2014 le Championnat du monde des clubs, puis surtout début 2015 la Coupe d’Afrique des nations (CAN), l’épreuve reine du continent. En terme de sécurité, le football africain reste marqué par le drame de Port-Saïd, en Egypte, où plus de 70 personnes ont trouvé la mort à l’issue d’un match entre les clubs d’Al-Masry et Al-Ahly, en février.

S’il n’a jamais connu un tel bilan meurtrier, le royaume a enregistré plusieurs incidents majeurs au cours des derniers mois, consécutifs à des rencontres de football, ainsi en septembre 2011 à Dakhla, au Sahara occidental.

Débutés au terme d’une rencontre entre les équipes de Dakhla et Mohammedia, les affrontements s’étaient poursuivis plusieurs jours en ville, entraînant la mort de sept personnes dont deux membres des forces de l’ordre.

Tout récemment, c’est à Tanger, dans un climat social déjà tendu, que des violences ont été perpétrées par des supporteurs, selon la presse marocaine.

Jeudi, lors d’une conférence à Foot Expo sur « la sécurité dans les stades », Abderrahmane Bekkaoui, un responsable de la Fédération royale (FRMF), est venu faire l’état de lieux.

« La violence dans les stades à l’échelle mondiale est un phénomène récurrent qui peut prendre des proportions alarmantes, et le Maroc n’a pas été épargné », a-t-il noté. S’adressant à un officiel anglais qui venait d’exposer les efforts consentis en Grande-Bretagne contre le hooliganisme, il a ajouté: « Vous affirmez revenir de loin, mais nous, nous sommes encore un peu loin ».

Lors de la saison 2011-2012, la FRMF dit avoir recensé plus d’une trentaine d’incidents lors des rencontres de première et deuxième divisions, et les infrastructures sportives du pays font office de principal coupable.

« Monsieur sécurité »

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Certes, le Maroc peut se targuer de compter trois stades flambant neufs, à Marrakech, Agadir et Tanger, tandis qu’un quatrième doit voir le jour à Casablanca. Mais, pour le reste, « les infrastructres sont déficientes », a affirmé Khalil Benabdellah, président du directoire de la Société nationale de réalisation et de gestion des stades (Sonarges).

« Il existe surtout de gros problème de maintenance. C’est le dernier souci des collectivités locales », qui gèrent la plupart des enceintes, a-t-il ajouté.

Quant aux clubs, ils sont tenus responsables de la sécurité mais ne sont pas propriétaires des lieux et « il est très difficile de maîtriser une organisation quand on n’est pas chez soi », a renchéri Abderrahmane Bekkaoui.

Face à ce constat, il a affiché le volontarisme de la FRMF. A titre d’exemple, depuis la saison dernière et la professionnalisation de son élite, les clubs sont soumis à un cahier des charges en matière de sécurité.

« L’an dernier, aucun club ne disposait de plan d’évacuation (des stades, ndlr). Cette saison, c’est une obligation », a fait valoir M. Bekkaoui, évoquant par ailleurs la désignation d’un « monsieur sécurité » dans chaque formation.

Faire respecter l’amendement de 2010 relatif à la violence dans les stades (loi 09.09) et interdire l’entrée aux mineurs non accompagnés sont d’autres leviers évoqués. Tout comme celui consistant à demander aux dirigeants de clubs de ne pas instrumentaliser les supporteurs dans le cadre de luttes de pouvoirs.

Avec l’émergence de stades « multi-fonctionnels » répondant à toutes les normes de la Fédération internationale (FIFA), Khalil Benabdellah a lui voulu conclure sur une note d’optimisme.

« Le public de qualité avait déserté. Mais on voit les familles revenir », a-t-il assuré.

Un nouveau test se présente dès samedi: les Lions de l’Atlas accueillent le Mozambique, à Marrakech, dans un match décisif pour la qualification à la CAN-2013. Jusqu’à 40.000 personnes pourraient y assister.

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Maroc

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