Le cirque d’Hassan II, ce parlement de tous les excès

Le cirque d’Hassan II, ce parlement de tous les excès

Le parlement et ses créatures ressemblent à un poids très lourd qui pèse sur le cœur et les esprits des habitants de ce pays… non seulement en raison du coût exorbitant qu’ils occasionnent, mais aussi pour toute cette médiocrité aussi lassante qu’humiliante pour la nation qu’ils sont supposés représenter.

Commençons par le plus grave, le coût… Le parlement, avec ses deux Chambres, coûte aux contribuables la bagatelle de 627.890.000 DH, chaque année ; cette somme englobe les indemnités de 665 députés et conseillers (à titre de comparaison, le Capitole, aux Etats-Unis, abrite 535 élus, représentants et sénateurs…), et se divise en deux parties, 367.821.000 DH pour la Chambre des Représentants et 260.069.000 DH pour la Chambre des Conseillers. Ces chiffres, rapportés à la personne, révèlent que chaque élu coûte au Trésor public la somme de 1.173.626 DH par an, 117 millions de centimes… sans bien évidemment compter ce que coûte la campagne électorale en fonds versés par l’Etat aux partis et reversés aux candidats.

Voilà pour l’aspect matériel de la question ; quant à au coût moral, il est encore plus exorbitant. Ainsi, la quasi-totalité des élus de la nation estiment représenter la nation et son peuple, alors qu’ils savent mieux que quiconque qu’ils ont été « élus » à l’issue d’un scrutin dont le moins que l’on puisse en dire est qu’il n’était pas très démocratique et qui ne fait donc pas d’eux de véritables représentants. Le mode de scrutin à un tour, les approximations des listes électorales qui comptent des morts et des absents, le système de majorité relative… autant d’éléments qui font que la représentativité des élus n’est pas vraiment absolue ou, du moins, n’est pas réellement démocratique. Car en effet une personne élue à la majorité relative d’une communauté où les voix sont dispersées et où les gens boycottent l’élection n’est en fait élue que par la minorité votante… si on suppose également que cette minorité a voté sans intervention ni pression de l’autorité et/ou de l’argent.

Cela s’applique à ceux-là des députés qui ont « été au charbon » et ont mené des campagnes telles que celles dont on sait parfaitement comment elles sont conduites au Maroc, et à combien… pour ce qui est des rentiers de la politique, ceux qui figurent sur les listes des jeunes et celles qui ont l’heur de voir leurs noms sur celles des femmes, ils ne diffèrent pas vraiment ni de beaucoup des autres rentiers qui bénéficient des agréments de transport, de sable ou de pêche…

Quant aux absurdités caractérisant la vaste médiocrité des élus, c’est tout un monde… Ainsi, que peut-on attendre d’un parlement qui abrite des analphabètes et des pseudo-instruits, des arrivistes et/ou opportunistes ? Abdelhadi Kaïrate, un de nos « députés », avait déclaré une fois qu’au sein de cette grande famille de Représentants siégeaient également des commerçants de drogue et d’autres qui, eux, se contentent de faire commerce de slogans, de simples slogans…

Que peut donc espérer le peuple de tels élus qui s’invectivent avec les mots les plus orduriers, comme des pochards titubant dans des lupanars, des élus qui passent leur temps « libre » à jouer aux cartes comme des voyageurs épuisés par l’attente dans un hall de gare ? Un parlement dont les membres balbutient leurs questions répétitives, qui baragouinent leurs réponses préalablement écrites… un parlement de marchands de politique, de la politique de la rente… un parlement transformé par la grâce de ses membres en agence de voyages intercontinentaux où les bienheureux qui sont désignés pour aller dans les autres pays y passent leur temps à faire emplette, sachant que ces voyages sont payés par le contribuable qui n’en peut mais…

Un jour, Hassan II avait qualifié le parlement de cirque, étant entendu qu’un cirque est un endroit où vont les gens, en payant de leurs propres deniers, volontairement, pour regarder des animaux féroces mais domptés, des clowns rigolos mais pas trop et des magiciens très habiles de leurs mains et de leurs doigts… Or, la différence entre le cirque d’Hassan II et le cirque réel est que dans ce dernier, les gens partent par leur propre volonté pour se divertir, et que pour le premier les citoyens sont contraints de payer pour voir à leurs corps défendant des animaux, des clowns et des sorciers…

Mon Dieu, faites que cela cesse… ayez pitié des pauvres de cette nation !

Mots Clefs:
Maroc

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