Le budget du palais royal

Le budget du palais royal
0 commentaires, 22/11/2012, Par , Dans Chroniques, Couverture

Le sit-in de protestation qui devait être organisé dimanche à Rabat, devant le parlement, pour protester contre le budget du palais royal, aura atteint ses objectifs, malgré le fait que certains considèrent la question comme étant « sensible », et en dépit de l’intervention stupide des forces de l’ordre pour interdire et disperser les manifestants.

Personnellement, je ne souscris guère à cette forme d’approche par la contestation car il s’agit d’un sujet particulier, avec des chiffres précis, le tout nécessitant des discussions approfondies et pas seulement des slogans rageurs…

Mais dans le même temps, je récuse totalement l’attitude de la police, empreinte de violence contre une manifestation pacifique ; et je déclare ici mon entière solidarité avec celles et ceux qui ont fait l’objet de cette brutalité et son cortège d’insultes et de coups… Il s’agit là d’une position de principe qui, dans un Etat de droit, doit être évidente pour tous, sans aucune esprit de manipulation ni tentative manœuvrière.

Revenons maintenant au fonds du sujet… Abdelhamid Amine (vice-président de l’Association marocaine des droits de l’Homme) et ses amis demandent à discuter le budget du palais royal car ils estiment que cela ne fait pas partie des sacralités…

Et de fait, ce ne sont pas des questions qui relèvent du sacré, mais en revanche, ils concernent une institution à laquelle le respect et la considération sont dus du fait qu’elle représente l’un des fondamentaux du pays, après l’islam et l’unité territoriale. C’est pour ces raisons que certains députés évitent soigneusement de s’atteler à la discussion de ce budget, arguant du respect et de la considération, qui remplacent la peur et même la terreur qui régnaient depuis des années.

A ma (modeste) connaissance, le budget du palais royal a déjà été débattu dans le passé… Ainsi donc, un honorable député avait demandé une fois que « ce budget devait être porté à la hausse, eu égard à ce qu’accomplit le palais royal comme actes bénéfiques pour ce pays », de même que certains autres élus avaient demandé davantage d’explications sur quelques postes de ce budget, comme celui concernant la liste civile.

Globalement, on peut dire que nous sommes face à une institution constitutionnelle qui dispose de larges attributions et qui, en conséquence doit pouvoir bénéficier d’un budget et que ce budget soit supporté par les contribuables, exactement comme c’est le cas pour d’autres institutions ; mais il est aussi du droit de ces mêmes contribuables de connaître les détails du budget royal, exactement là encore comme cela se fait pour les autres postes de la loi de Finances.

A partir delà, il est tout à fait naturel que les budgets alloués au palais royal puissent être discutés, de même qu’il est normal qu’il y ait lors de ces discussions des divergences dans les avis et les conceptions, comme cela se produit dans toutes les monarchies démocratiques, mais bien évidemment dans le cadre de la courtoisie et du respect requis.

Au Royaume-Uni, le citoyen de Sa Majesté sait ce que la reine coûte à l’Etat, 0,8 euro par habitant et par an, et cela se passe avec son total assentiment… et cet accord des gens se traduit par leur présence massive aux commémorations annuelles de l’accession d’Elisabeth II au trone britannique. La plus imposante de ces fêtes étaient celle où la reine, son époux Philip, son fils Charles et son petit-fils William avaient descendu la Tamise à bord d’une embarcation, saluant les foules compactes massées sur les rives du fleuve.

En Belgique, aussi, la royauté coûte à chaque Belge 1,30 euro par an, et le roi Albert accomplit une tâche importante dans la préservation de l’unité de la nation du péril communautariste ; et en dépit de l’existence active de certains partis à sensibilité républicaine, le roi bénéficie du respect et de la considération de tous.

Alors, au Maroc, où le roi et la monarchie font l’objet de la plus grande déférence, il ne nous manque plus que l’habitude de débattre du budget de la maison royale, rationnellement, à l’image de ce qui se fait dans les autres monarchies démocratiques à travers le monde.

Mots Clefs:
Maroc

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