L’avortement… une violence contre les femmes

L’avortement… une violence contre les femmes
2 commentaires, 18/10/2012, Par , Dans Chroniques, Couverture

Je m’attendais à ce que les associations féminines au Maroc se placent à l’avant-garde des opposants à l’initiative du bateau avortement néerlandais… de même que je pensais les trouver en première ligne des militants anti avortement, légal soit-il ou clandestin, et que la grossesse interrompue soit le résultat d’une union conjugale ou en dehors de ses liens. Ainsi, en dehors des cas d’avortement nécessaire pour raisons médicales ou pour d’autres motifs que la science définit et que la jurisprudence religieuse justifie, l’avortement ne peut être considéré autrement que comme l’une des plus abjectes formes de violence qui peut être faite aux femmes, exactement au même titre – sinon plus – que les violences contre lesquelles luttent les associations féministes.

L’avortement a ainsi de tous temps été considéré comme une forme de violence extrême faite aux femmes sur leurs corps, et cela remonte à des siècles. Avant même que la « marraine » de la pensée féministe, Mary Wollstonecraft, ne rédige sa « plaidoirie pour les droits de la femme » (au 18e siècle), elle avait précisé que l’avortement était une véritable violence et harcèlement, voire un crime commis contre ses semblables, en cela qu’il la place face à une réalité aussi dure qu’injuste, qui est de la laisser seule supporter les affres psychologiques et physiques de la grossesse, légitime ou non. Mais entretemps beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et ces eaux ont emporté dans leur tumulte avec elles les mouvements d’émancipation des femmes et la pensée féministe à travers le monde. De fait, l’avortement a glissé progressivement d’une violence contre les femmes à une liberté de ces mêmes femmes de disposer de leurs corps ; et c’est exactement la position affichée aujourd’hui au Maroc par bon nombre de personnes qui voient dans l’amplification du phénomène des avortements clandestins une justification suffisante pour libérer l’avortement de toutes sortes de considérations et de blocages.

Or, ces avis interviennent un peu comme s’ils voulaient lever la responsabilité de l’Etat et de la société face à cet état de fait, et la faire entièrement endosser aux seules femmes. Mais en réalité, et en vérité aussi, l’avortement n’est qu’une façon de plus pour entériner la violence contre les femmes car elles libèrent les hommes de toute responsabilité à l’égard de la grossesse de leurs partenaires, et permettent un comportement sexuel égoïste et irresponsable, surtout lorsque l’homme donne libre cours à sa liberté sexuelle sans pour autant se sentir responsable en cas de grossesse après une relation ; pire, dans le meilleur des cas, il entreprend de persuader sa partenaire d’avorter, à ses frais à lui, des frais qui n’ont aucune commune mesure avec ce qu’endure la femme, tant physiquement que psychologiquement.

Permettre ou légaliser l’avortement sans raisons valables signifie également que nous sommes une société et des institutions qui acceptons de payer le prix juridique et financier pour faciliter les meurtres des fœtus, mais que nous ne sommes en revanche pas du tout disposés à faire l’effort nécessaire pour réparer les causes qui sont à l’origine de l’augmentation des cas d’avortements clandestins, comme par exemple le suivi et l’éducation sexuelle et hygiénique des femmes, le traitement de cette déliquescence des mœurs au sein de notre société, l’expansion de la pauvreté et des maladies, et sans non plus consentir à travailler pour l’amélioration de la condition des femmes… En effet, la plupart des cas d’avortement provient de l’incapacité pour les femmes de concilier les contraintes du travail avec celles de la responsabilité de l’éducation des enfants et des travaux ménagers ; et ainsi, le choix d’avorter est lié à l’absence d’une réglementation qui prendrait en considération la situation particulière des femmes et qui leur permettrait de remplir leur fonction vitale qui est la procréation.

En tout état de cause, ce débat n’est pas encore clos dans beaucoup de pays car un grand nombre d’études récentes ont établi que le droit de l’avortement a été employé à aller encore plus de l’avant dans l’exploitation du corps des femmes et à encourager davantage la violence entreprise contre elles. En parallèle, les associations de défense des droits des femmes sont de plus en plus conscientes que l’avortement est une agression physique et psychologique contre les femmes. Et elles sont plus nombreuses, les associations qui militent au sein même des pays ayant légalisé les interruptions de grossesse, et vont davantage dans le sens de convaincre les femmes qu’on les a leurrées en les persuadant que leurs corps leur appartient et que, de ce fait, elles étaient libres d’enfanter quand elles le voulaient et d’avorter comme bon leur semblait. Ces associations militent également contre l’idée que l’avortement soit à l’origine de la libération de toutes les contraintes morales, religieuses et même juridiques, et dénoncent aussi le fait que les assassinats de fœtus aient pu être considérés comme une solution au développement et même un facteur de développement. Prenons l’exemple de la Chine où le principe de « l’enfant unique » a conduit à une extrême violence contre les femmes, contraintes d’avorter en cas de deuxième grossesse, quand elles ne décident pas d’interrompre elles-mêmes leurs grossesses si le fœtus n’est pas un garçon, ce qui suppose le meurtre de tous les fœtus de sexe féminin pour ne garder que les garçons. Et ainsi, nous en sommes arrivés à massacrer « toute une nation de fillettes », avec 37 millions de fœtus arrachés aux ventres de leurs mères dans un phénomène qui ne manque pas de rappeler cette ère où l’on enterrait les nouveau-nés lorsque c’était des filles.

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