Laâraïchi… l’homme qui a tué la télévision… puis l’a embaumée et enterrée

Laâraïchi… l’homme qui a tué la télévision… puis l’a embaumée et enterrée
0 commentaires, 05/05/2012, Par , Dans Chroniques, Couverture

Que dirait-on de la réalisation d’une série télé passionnante sur le sujet non moins passionnant qu’est Fayçal Laâraïchi ? Il est clair que l’homme vaut plus qu’une série, plus qu’un film même, il mérite en fait que les feux de la rampe soient braqués sur lui toute l’année, pour la simple raison que Laâraïchi est un héros.

On dit depuis des années de cet homme qu’ »il a tué la télévision » ; et aujourd’hui, il apparaît de la façon la plus limpide qu’il n’a pas seulement tué la télé, mais qu’il l’a aussi embaumée et ensevelie… Nous sommes à Dieu et à Lui nous retournons.

Laâraïchi est aujourd’hui au centre de toutes les affaires, exactement comme les héros intrépides de ces séries mexicaines et turques… Voilà donc qu’aujourd’hui le chef du gouvernement, le pauvre Abdelilah, Abdelilah Benkirane, qui se plaint du comportement de Lââraîchi, comme si c’était ce dernier qui présidait aux destinées du gouvernement et non pas, lui, Benkirane. Et voilà aussi qu’aujourd’hui, Laâraïchi menace quiconque voudrait s’approcher de son royaume heureux, celui de la télévision qui semble lui avoir été privatisée, de quelques surprises bien senties. Et voilà encore Laâraïchi au cœur de ces scandales financiers qui ont commencé pour ne jamais devoir s’achever, un jour. Imaginez, pauvres de vous, que votre argent, celui que vous payez bien malgré vous pour vos consommations d’eau et d’électricité, sert à engraisser les veinards de la télévision, et à coups de milliards, pas de millions seulement, pendant que vous, vous en êtes encore à compter vos sous pour affronter les aléas de cette cruelle existence, comme par exemple nourrir votre progéniture, la scolariser et, accessoirement, convenablement la vêtir.

Aussi, Laâraïchi mérite bien aujourd’hui d’être sacré héros, le héros d’une série en mille épisodes car il est exceptionnel, dans une télévision exceptionnelle, dans un pays très exceptionnel… Un homme qui fabrique des milliardaires d’un simple geste de la main, accordant 5 milliards à celui-là, 3 à celui-ci, un milliard et demi à tel personne ou même deux à telle autre, exactement comme s’il distribuait l’argent d’Ali Baba, trouvé dans une caverne, et non celui des Marocains, directement ponctionné de leur dur labeur et de leur sueur.

S’il existait dans ce pays de véritables scénaristes, il ne fait aucun doute qu’ils auraient déjà commencé la rédaction d’un scénario sur ce fabuleux héros qu’est Laâraïchi, cet homme sacré, providentiel qui distribue l’argent du peuple à droite à gauche, mais sans que personne n’ose s’approcher de lui ni lui demander timidement « pourquoi ? ».

Aujourd’hui, Laâraïchi est devenu un symbole de la télé, plus encore qu’un Mohand, un Antonio ou un Alfredo. Cet homme n’a pas seulement tué la télé, mais les rêves et les espoirs des Marocains de pouvoir disposer, un jour, d’une vraie télé. Cet homme a été nommé depuis plus de douze ans là où il a été nommé, et il est toujours en place car, sans doute, le Maroc n’a pas produit et ne peut produire personne d’autre que Laâraïchi pour assumer la responsabilité de notre télévision. Cet homme est, en toute simplicité, celui qui est le plus inspiré, le plus innovateur et, en un mot, un véritable miracle vivant, le superman qui a outrepassé toutes les règles et s’est érigé en chef absolu.

Les Marocains s’installent devant la télévision et regardent des séries comiques, ou d’autres plus tristes ou n’importe quoi ; des fois ils rient, d’autres, ils pleurent… et voilà que l’on retrouve ici la fameuse tournure de phrase « rire aux larmes »… car les Marocains qui regardent partir en fumée de la sorte tous ces milliards qui sont dépensés dans des émissions qui n’en sont pas, ne savent plus s’ils doivent en rire ou en pleurer.

Dans les autres contrées de notre vaste monde, il y a des riches qui ont accumulé leurs richesses de plusieurs façons… ceux qui ont exploité leurs prochains, ceux qui ont fait commerce de drogues ou assimilés, ceux qui ont joué et gagné en bourse , ceux qui ont profité des guerres ou accaparé des monopoles, ceux qui ont tout simplement volé les privés ou le public, et plein d’autres genres encore… mais le Maroc, en plus de tout cela, a ajouté une autre catégorie de gens enrichis assez subitement : les riches de la télévision, ceux qui ont amassé des fortunes sans rien donner en contrepartie. Des milliards qui sont partis en pure perte dans des réalisations qui n’ont pas réussi à arracher ne fût-ce qu’un sourire aux gens, des milliards qui ont été engloutis de telle manière que la justice serait inspirée de s’y intéresser.

Ces dernières années, les Marocains ont entendu parler de plusieurs formes de corruption, de type évasion fiscale, dilapidation, concussion, détournements divers, mise à sec des différentes caisses, sociale ou de retraites, exploitation d’établissements jusqu’à faillite totale, octrois de prêts monstrueux à des personnes qui ne songent pas toujours à les rembourser… et d’autres choses encore, et voilà qu’aujourd’hui, ils entendent parler d’un nouveau genre de corruption, la corruption de la télévision.

Un peuple qui se tait plus que nécessaire, est naturellement exposé à toutes formes de spoliations…

Abdallah Damoun

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Maroc

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