La Tribune de Genève publie le témoignage d’Abdallah Lamani, un civil détenu pendant 23 ans dans les camps de Tindouf

La Tribune de Genève publie le témoignage d’Abdallah Lamani, un civil détenu pendant 23 ans dans les camps de Tindouf

Le quotidien suisse La Tribune de Genève a publié, lundi, le témoignage d’Abdallah Lamani, un civil marocain détenu durant 23 ans dans les camps de Tindouf, dans le sud-ouest algérien.

Depuis quelques jours, Abdallah Lamani sillonne les couloirs du Palais des Nations pour raconter son histoire. « En marge de la session du Conseil des droits de l’homme, ce Marocain âgé d’une soixantaine d’années essaie de défendre la mémoire des victimes innocentes d’un conflit oublié », écrit le journal, en relatant son cauchemar « qui a débuté, le 20 août 1980, par son enlèvement par les milices à bord d’un bus qui effectuait la liaison entre Agadir et Casablanca et emmené avec huit autres passagers, puis remis le lendemain aux militaires algériens qui tiennent le poste de Markala ».

Agé alors de 26 ans, « Lamani sera passé à tabac et incarcéré » et « là il doit creuser avec les autres détenus la fosse qui doit lui servir de fosse. Il y a d’autres Marocains, mais aussi des Mauritaniens et des Algériens. Tous sont détenus sans même avoir eu droit à un procès. On est en pleine guerre, en pleine zone de non droit. Abdallah Lamani commence à égrainer les jours, les semaines, les mois, puis les années », souligne le journal.

« Le temps n’a plus de prise sur ce qui se passe dans le désert. Le cuir d’Abdallah Lamani continue à se tanner sous les assauts combinés du soleil et de la poussière. Difficile de ne pas devenir fou quand le confort est spartiate et les portions de nourriture comptées. Des détenus atteints de scorbut périssent, lentement. D’autres succombent aux mauvais traitements », poursuit le journal, précisant qu’il ne recevra que quinze ans après la visite d’un délégué du Comité international de la Croix rouge.

Si son nom a enfin rejoint les registres des détenus de guerre répertoriés par l’organisation humanitaire, il n’en est pas pour autant sorti d’affaire, note le journal, car Lamani « devra attendre neuf ans encore avant de recouvrer la liberté le 14 août 2003, après 8400 jours de captivité », relate la publication.

« Je ne veux pas qu’on parle seulement de mon cas. Je veux que l’ONU crée une commission d’enquête qui aille enquêter sur place. Il y a eu des tas d’exécutions. Je sais où il faut aller creuser pour déterrer les restes des victimes », a déclaré Lamani au journal, en montrant les emplacements en question sur un plan.

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Casablanca

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