La polygamie, une alternative au célibat des femmes selon l’ONAM

La polygamie, une alternative au célibat des femmes selon l’ONAM

Selon les chiffres officiels publiés en 2011, les femmes constituent plus de 50% de la population marocaine. Au sein de cette société en permanente mutation où le célibat prend de plus en plus du terrain, les conservateurs préconisent la polygamie.

En accord avec la loi islamique, un homme peut se permettre d’avoir jusqu’à quatre épouses au Maroc. Seulement, depuis 2004, date d’entrée en vigueur du nouveau code de la famille, les prétendants à la polygamie sont soumis à un certain nombre de conditions : l’accord de la première femme obligatoire, une situation matérielle confortable pour le requérant, l’autorisation du juge, etc. Et pour les conservateurs, l’Ordre national des adouls du Maroc [ONAM] en tête, ces règles freinent la société en matière de mariage, notamment pour les célibataires. « Si l’islam l’a autorisée [la polygamie], c’est pour le bien de la communauté. […] L’âge du célibat augmente de plus en plus, et des femmes ne trouvent pas de maris, pourquoi ne pas alléger la procédure de la polygamie pour permettre aux hommes qui ont les moyens d’épouser plus d’une femme ? », s’interroge le président de l’ONAM, Abdeslam El Bouraini, consulté par La Vie éco.

Un avis partagé par certains membres de la société civile. A noter que 44% des Marocains sont favorables à la polygamie selon une étude réalisée en 2007. Nadia Mouhir, avocat, s’inquiète également du nombre croissant des célibataires et estime que les verrous du nouveau code de la famille pourraient quelque peu expliquer ce fait. D’après cette femme de loi, les hommes hésitent de plus en plus avant de faire le pas d’une union légale. De ce fait, « les femmes célibataires ne trouvent pas d’époux ». « Quand un homme a les moyens financiers pour entretenir plus d’une épouse, pourquoi l’en priver ? Il faut lui faciliter la procédure puisque la loi lui donne ce droit », relève-t-elle. M. Bouraini précise toutefois qu’en accord avec les textes islamiques, le prétendant à la polygamie devrait toutes ses épouses avec « équité ». « Comme ça, on aura sauvé beaucoup de femmes », conclue-t-il.

Mais comme s’interroge le journaliste chez la Vie éco, « Comment un homme, avec ou sans moyens financiers, pourra-t-il être juste avec deux familles ? Partager la vie avec deux [trois ou quatre] femmes ? ».

Qu’en sera-t-il des femmes riches et célibataires ? 

Colère chez les militantes des droits des femmes. « Nous attendons une abrogation de la polygamie et non des facilités pour les plus riches qui épousent deux ou trois femmes », déclare outrée, Fouzia Assouli, présidente de la Fédération de la ligue démocratique des droits de l’Homme [FLDDF]. « Ces déclarations vont à l’encontre des efforts qui ont été fait par l’Etat et ne tiennent pas compte des réalités », note-t-elle. Selon la présidente de la FLDDF, la population est intrinsèquement constituée d’une majorité de femmes. Et le fait aujourd’hui que le nombre de célibataire augmente est beaucoup plus lié à la longue durée des études et à la cherté de la vie, plutot qu’à la monogamie, estime-t-elle.

S’il faut raisonner en termes de moyens financiers, « que dira-t-on des femmes riches ? Devraient-elles épouser plusieurs hommes démunis ? », s’interroge à nouveau Mme Assouli.

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