La politique de la ville et des bidonvilles… paroles, paroles…

La politique de la ville et des bidonvilles… paroles, paroles…

Le ministre de l’Habitat et de la Politique de la ville, Nabil Benabdallah, a récemment déclaré que le taux de réalisation du programme « Villes sans bidonvilles » a atteint à aujourd’hui 70 % ; et voici quelques jours, dissertant en Italie, le ministre a affirmé que le Maroc occupe la pole position mondiale en matière de lutte contre ce type d’habitat. Nous n’avons aucun problème à donner crédit aux propos du ministre, mais voilà, ses prédécesseurs avaient tous dit en leur temps la même chose, et levé les mêmes slogans, le dernier en date ayant été l’istiqlalien Taoufiq Hejira… Mais le phénomène est toujours là et il s’est même étendu dans certaines zones.

Les chiffres et les statistiques ne sont pas des données fiables pour mesurer la réussite ou non du ministère concerné en matière de lutte contre les bidonvilles, mais au moment même où l’Etat a défini les zones contre lesquelles il faut lutter, d’autres espaces d’habitat insalubre se créent et prospèrent, au point que ce type d’habitat fait désormais partie de notre paysage urbain et de nos coutumes en urbanisation.

Nabil Benadballah n’est pas un ministre technocrate, mais un vrai politique, chef de parti de surcroît, qui n’est donc pas sans savoir que des élus et des responsables font commerce de cela ; certaines de ces personnes se sont même appuyées sur les bidonvilles pour assurer leurs promotions politiques, en promettant monts et merveilles, et surtout des appartements, à des populations qui restent, au final, victimes de la politique de l’Habitat, sur les plan national et local. Et puis, à l’approche des élections communales, il ne fait pas de doute que nous verrons encore réapparaître et se développer les pratiques de ces élus et édiles.

La politique de lutte contre les bidonvilles ne doit pas se résumer à des plans qui se ressemblent et s’additionnent, prévoyant tant de dizaines de logements ici et tant de centaines là… Il s’agit d’abord et surtout d’appliquer la loi dans toute sa fermeté et de sanctionner les intermédiaires de ces types de « constructions » car ce sont là les véritables responsables de toutes ces politiques lancées à chaque fois, et ratées à chaque fois aussi.

Mots Clefs:
Maroc

À propos Ghita Senhaji

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