La Comarit autorisée à reprendre ses activités

La Comarit autorisée à reprendre ses activités

Le redressement judicaire demandée par la Comarit l’année dernière a été accepté. Le tribunal de commerce de Tanger a rendu sa décision, hier, permettant ainsi à la compagnie maritime marocaine d’opérer librement pendant quatre mois, le temps pour elle de présenter un business plan viable. 

La compagnie fondée par Ali Abdelmoula va reprendre ses activités. Jeudi 21 février, le tribunal de commerce de Tanger a accepté la demande de redressement judicaire déposée par la Comarit, en juillet dernier, révèle Brahim Karfa, secrétaire national de l’Union marocaine des travailleurs, défenseur de la cause des marins salariés de la Comarit. L’information est confirmée aujourd’hui, vendredi 22 février, par le quotidien L’Economiste. M. Karfa précise que le tribunal aurait exigé que l’opérateur s’acquitte des arriérés de salaires dus à ses employés.

4 mois pour présenter un plan de redressement

Conformément à la loi, la Comarit dispose désormais de quatre mois pour présenter un business plan viable. Le redressement judicaire ainsi accordé à la compagnie donne lieu à la levée de saisie des bateaux de l’opérateur en France et en Espagne où les ferrys sont bloqués depuis janvier 2012 pour cause de créances fournisseurs.

Citant des sources proches du dossier, L’Economiste indique que « la flotte, en dépit du temps passé en rade, pourrait être remise en l’état rapidement ». Cette affirmation suscite plusieurs interrogations. Comment la Comarit arrivera-t-elle à convaincre l’ensemble de son équipage abandonné pendant plusieurs mois l’année dernière à l’étranger dans des conditions déplorables à reprendre la mer ?

Quel business plan ?

Admettons que l’équipage soit prêt à revenir, comment l’entreprise financera-t-elle son activité pendant les quatre prochains mois ? Comment fera-t-elle pour rembourser l’ensemble de ses dettes, évaluées à près de deux milliards de dirhams, quand les banques ont, à maintes reprises, refusé de lui prêter le moindre centime sans garantie de l’Etat ?

Le management de la Comarit reste injoignable pour répondre à ces interrogations. A Tanger, le siège de la compagnie a changé de numéro de téléphone. Le contact habituel est désormais celui d’une famille tangéroise. « Ils [dirigeants de la Comarit, ndlr] ont changé de numéro, ça fait à peu près deux mois », nous indique notre interlocutrice. L’on comprend clairement que la compagnie d’Abdelmoula évite au maximum tout contact avec la presse.

Silence radio

Entre temps, l’information autour de l’état d’avancement de l’affaire en France reste secret. « On essaie d’avancer autant qu’on peut », indique à Yabiladi, l’avocat en charge du dossier dans l’hexagone sans plus de précisions. En Espagne, la justice aurait saisi les biens de Samir Abdelmoula, selon plusieurs sites d’information, depuis quelques jours. Mais le redressement judicaire accordé par le tribunal de commerce de Tanger écarte toute possibilité de saisie.

Depuis le début de la crise que connait la Comarit, trois plans de sauvetage au total ont été mis en œuvre pour empêcher le dépot de bilan de la compagnie nationale. Aucun d’eux n’a abouti. Le redressement judicaire apparait comme la dernière chance pour le clan Abdelmoula.

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France

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