Jessie J. et le PJD

Jessie J. et le PJD
0 commentaires, 30/05/2013, Par , Dans Chroniques, Couverture

C’était jeudi dernier, sur la scène OLM Souissi, Rabat, Mawazine… La jeune et talentueuse chanteuse britannique Jessie J. assurait le spectacle. La belle anglaise s’est surpassée ce soir-là, a donné le meilleur d’elle-même, en reconnaissance sans doute pour un pays qui se distingue par son ouverture dans un environnement régional fermé, par sa tolérance et la capacité de coexistence qu’il offre à toutes formes d’art. Jessie J. n’a pas dit autre chose avec son titre culte « whoyou are » qu’elle a décliné sur les différents tons et les riches intonations de sa voix, qu’elle a enrichi avec le choix de ses paroles et l’harmonie de ses sons.

Seulement voilà, ceux qui se sont fait une spécialité de regarder les « défauts des autres » s’étaient ce soir-là bouché les oreilles, et avaient mis des œillères pour ne voir que les vêtements de l’artiste qui, il faut le dire, étaient tout de même plus « pudiques » et plus « retenus » – pour reprendre le langage de ces gens – qu’un maillot de bain. Cela rappelle à notre souvenir le tollé, le torrent de protestations qu’ils avaient soulevé suite à la prestation de l’artiste marocaine Latefa Ahrare lors de sa représentation individuelle de la pièce « KafrNaoum » de Yassine Adnane.

Cette fois, samedi dernier, c’était différent. L’artiste est de renommée mondiale, et est montée sur scène pour interpréter ses chansons et non pour « exposer ses charmes », comme « ils » diraient toujours, eux… Jessie J. chante justement pour libérer les gens de leurs frustrations et de leurs complexes, elle se produit pour transmettre les valeurs d’ouverture et de coexistence entre arts et cultures, comme l’indique d’ailleurs très clairement le nom de l’organisateur du festival, Maroc Cultures. Cela signifie que chacun a sa culture et son art, et que nous devons accepter les différences, les accueillir et les honorer.

Jessie-J

Présentons un art marocain, de quelque nature et de quelque forme et tenues vestimentaires qu’il soit, et nous verrons Jessie J. venir y assister, avec son équipe, pour apprendre, s’inspirer, s’en inspirer pour améliorer ses chansons et son propre art, dans ce qu’on pourrait qualifier de dialogue des arts et des cultures.

Mais quand l’artiste britannique descend de scène, eux, ces gens-là, continuent de se concentrer sur ce qu’elle portait… Et bien que tout le monde sait à présent que le festival est financé par de l’argent privé, qu’il n’y a pas de dépenses publiques dans cette manifestation, ce que n’auront pas compris ces gens, encore eux, est qu’une société normale, une société qui fonctionne comme elle devrait ne peut et ne pourra jamais vivre sans fête, sans musique et sans joie… Sinon, quelle est la raison, quelle est cette sagesse qui préside à l’existence de la faune et de la flore dans la nature, pourquoi tant de sons et de couleurs et de différences chatoyantes ?

Comment aurait été ce monde s’il était unique, modelé sur un seul ton, une seule couleur, nous autres humains compris ? Aurions-nous pu le contempler comme nous le faisons ?

Et nous disons cela en passant sur cet autre fait, important lui aussi, qui veut que ce festival attire les regards du monde sur cette nation, sur ses valeurs, sur son ouverture, sur sa conviction de l’importance et de la vitalité des différences et de la diversité de ses musiques, de ses cultures et de ses arts.

Mots Clefs:
Maroc

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