Jamel Debbouze : « Il y a du racisme en France mais la France n’est pas raciste »

Jamel Debbouze : « Il y a du racisme en France mais la France n’est pas raciste »

« Il y a du racisme en France mais la France n’est pas raciste », assure l’acteur Jamel Debbouze, fils d’immigrés marocains, qui prête sa notoriété au film « La Marche » du réalisateur belge Nabil Ben Yadir.

Ce film, qui sort en France le 27 novembre, raconte l’histoire vraie de la « marche contre le racisme et pour l’égalité », lorsqu’une poignée d’enfants d’immigrés et de militants antiracistes sont partis en octobre 1983 de Marseille (sud) pour réclamer l’égalité des droits. Deux mois et un millier de kilomètres plus tard, ils étaient accueillis à Paris par 100.000 personnes.

« C’est un message d’amour adressé à la France et aux Français », déclare l’acteur et humoriste de 38 ans, devenu célèbre après avoir joué dans « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » de Jean-Pierre Jeunet en 2001.

Dans « La Marche », ce pionnier du stand-up en France qui a perdu l’usage d’un bras lors d’un accident à l’adolescence et a commencé sa carrière dans une troupe amateur à Trappes (banlieue ouest de Paris), joue le rôle d’un toxicomane.

Il souligne le chemin parcouru en trente ans: « En 1983, des immigrés, ou en tout cas des Maghrébins surtout, mouraient tous les deux-trois jours à cause de crimes racistes, ce n’est plus le cas aujourd’hui ».

Jamel Debbouze, né en France de parents marocains, incarne lui-même les évolutions de la société française.

Il en est l’un des humoristes les plus inventifs, mettant en scène dans ses sketchs son expérience de la banlieue avec des phrases qui font mouche comme « les jeunes ils sont pas cons, ils ont compris que l’ascenseur social est bloqué au sous-sol et qu’il pue la pisse ».

Même si ses rôles au cinéma, notamment dans les « Asterix et Obélix » avec Gérard Depardieu, en font un des acteurs les mieux payés de France et s’il vit désormais sur l’Ile Saint-Louis, un des quartiers les plus chers de Paris, il n’oublie pas d’où il vient.

Il s’est fait découvreur de nouveaux talents parmi les jeunes de banlieue et a créé au Maroc en 2011 un festival international du rire.

Alors que des insultes racistes proférées contre la ministre de la Justice Christiane Taubira, une noire descendante d’esclaves, ont provoqué une vague d’indignation, il qualifie leurs auteurs de « débiles mentaux ».

Une histoire épique, incroyable

===============================

« Il y a du racisme en France, c’est une vraie évidence mais la France n’est pas raciste », martèle-t-il. « Dans la sémantique, il y a encore des progrès à faire, c’est certain, mais c’est à cause de la crise (…) Quand on vit une crise comme on vit en ce moment, le chômage faisant, on trouve toutes sortes de prétextes et souvent le prétexte c’est le voisin (…), c’est l’étranger, c’est la différence, on va à la facilité ».

Jamel Debbouze avait été en 2006 à l’affiche du film « Indigènes », de Rachid Bouchareb, un hommage aux combattants issus des colonies françaises durant la Seconde guerre mondiale.

Cette fois aussi, il a tenu à participer à « La Marche ». « Je les ai suppliés de m’emmener dans le bateau parce que c’est une histoire épique, incroyable », raconte-t-il. Les marcheurs sont de « magnifiques anti-héros ». « On a envie de ressembler à ces gens, on a envie de s’approprier leur histoire ».

Et « si les gamins, la jeunesse, se rend compte à quel point c’est important de faire une marche républicaine aujourd’hui, moi j’y suis demain matin! », promet le comédien, les yeux pétillants. Et « on peut être très très très nombreux », prévient-il.

À propos Mouna Naciri

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *