Il faut sauver le soldat Benkirane, et son gouvernement

Il faut sauver le soldat Benkirane, et son gouvernement
0 commentaires, 10/10/2012, Par , Dans Chroniques, Couverture

Les dernières élections partielles, qui se sont tenues à Tanger et à Marrakech, auront soulevé des tempêtes, mais des tempêtes dans un verre d’eau seulement, car les Marocains en ont assez de ces discussions oiseuses et stériles… Les gens attendent en effet des faits et gestes concrets qui changeraient leurs existences quotidiennes et qui sortiraient ce malheureux pays du cloaque nauséabond dans lequel il se trouve, pour le placer dans un endroit meilleur.

A Tanger, le PJD a récupéré deux sièges parlementaires et les tambours ont roulé comme si ce parti avait remporté la bataille d’Oued el Makhazine une nouvelle fois. Or, les véritables tambours et trompettes qui devraient résonner et sonner sont ceux qui marqueraient, qui fêteraient un triomphe sur la corruption. Mais bon, puisqu’il semblerait qu’un tel triomphe soit impossible avec Benkirane dans ce siècle du moins, alors l’homme serait grandi s’il révélait au moins deux ou trois scandales liés à la corruption et qu’il les livrait aux médias, afin que les Marocains sachent… La presse, elle, n’a pas manqué de divulguer certaines affaires de corruption, mais rien ne bougea et personne ne remua. Pourquoi donc le gouvernement ne renverrait-il pas la balle à cette presse en lui fournissant des éléments que les ministres connaissent mais que les journalistes ignorent ?

Venons-en maintenant au PAM… Ce parti semble ne pas savoir ce qu’il veut. Il a échappé, jusqu’ à aujourd’hui du moins, aux rigueurs et à la vigueur du printemps arabe, et c’est sans doute pour cela qu’il se fait une cure de jouvence en ces temps incertains ; et pour cela, il s’est résolument engagé dans les élections partielles pour prouver et bien prouver que le PJD a « pris froid »… Las, le froid ne frappe que les pauvres hères, ces gens dont nous commencerons à entendre bientot qu’ils meurent de froid par monts et par vaux, à l’arrivée de l’hiver et des grands froids.

Le PJD dit que le PAM a été créé par l’ami de Mohammed VI, Fouad Ali el Himma, et le PAM dit que le PJD a été créé par l’ami d’Hassan II, Abdelkrim Khatib. Et c’est ainsi qu’ils passent le plus clair de leur temps, à se tirer la barbichette, à s’échanger les injures, alors que 98% des Marocains ne font nullement confiance à leurs partis politiques, que 70% préfèrent ne point voter, et que bon nombre de ceux qui vont aux urnes le font par peur ou pour l’appât du gain et de l’argent.

Et donc, la guéguerre que se livrent PAM et PJD ne concerne ni n’intéresse en rien les Marocains. Et si les populations manifestantes l’an dernier avaient considéré le PAM comme une création et une créature du Makhzen, demandant la dissolution de ses structures et la comparution de ses chefs, le PJD, à l’inverse, ne s’était même pas donné la peine de battre le pavé et son chef Benkirane s’était même lâché contre les manifestants, les traitant de tous les noms d’oiseaux qui lui voletaient autour de la tête. Donc, un conflit entre le PAM et le PJD ne les concerne qu’eux, et uniquement eux… car sur les trente millions de Marocains, un seul petit million s’occupe de politique et se préoccupe des luttes intestines entre les partis ; quant au reste, il vaque à ses occupations.

Ce que le chef du gouvernement doit comprendre, et admettre, c’est que les gens attendent beaucoup de lui, ils attendent par exemple qu’il se dresse face à la corruption, comme un véritable leader, et non comme cette autruche qui enfouit sa tête dans le sable à l’apparition du premier problème… un chef du gouvernement qui ne cesse de se plaindre nuit et jour contre tous ceux-là qui lui mettent des bâtons dans les roues.

Ces gens qui lui dressent des obstacles sur son chemin, Benkirane les connaît parfaitement. Ce qui est surprenant, c’est que l’homme avait menacé de démissionner en cas de coups bas, de même que le ministre de la Communication avait lui aussi agité la menace de s’en aller si ses cahiers des charges n’étaient pas approuvés, et aussi le ministre de la Justice qui avait promis qu’il reviendrait à « sa chère étude » de juriste si on ne le laissait pas faire … Or, il semblerait que Ramid ait effectivement déposé sa démission, mais il paraît qu’elle lui avait été refusée, ainsi qu’à d’autres membres du gouvernement auxquels on aurait instamment demandé de surseoir à leurs décisions de démissionner. Et cela ne signifie qu’une seule chose, c’est que les ministres sont devenus des otages entre des mains occultes. Aussi, au lieu que le gouvernement libère le peuple de la forte emprise de la corruption, voilà que c’est plutot ce peuple qui doit libérer le gouvernement de celle de la corruption.

Il s’agit là d’une véritable caricature dont nous ne serions point doutés dans le passé pour le futur, mais c’est aujourd’hui une réalité. Nous avons un gouvernement otage, dans tous les sens du mot, pendant que Benkirane passe le plus clair de son temps à se mentir à lui-même et à nous, en disant, ressassant et répétant la désormais éculée formule des « crocodiles et des démons ».

Et ainsi, notre affaire paraît corsée, aussi corsée que les blagues qu’affectionne le chef du gouvernement.

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