HRW: Hollande doit inciter le Maroc à garantir le respect des droits humains

HRW: Hollande doit inciter le Maroc à garantir le respect des droits humains

Le président François Hollande devrait exhorter les autorités du royaume à approfondir les réformes et garantir le respect des droits humains, lors de sa visite d’Etat mercredi et jeudi au Maroc, « un allié de longue date » de Paris, affirme mardi Human Rights Watch (HRW).

« Les garanties de respect des droits humains que proclame avec force la Constitution adoptée par le Maroc en 2011 (dans le contexte du printemps arabe, ndlr) n’ont toujours pas été incorporées dans le droit marocain ni dans les pratiques du gouvernement », proclame l’ONG dans un communiqué.

En tant que premier partenaire économique « et principale source d’aide bilatérale, la France peut jouer un role positif en mettant en lumière les abus qui persistent et en encourageant les efforts de réforme du gouvernement », ajoute le texte.

Selon HRW, « le président Hollande devrait exprimer les inquiétudes que soulève l’état actuel des droits humains, notamment la torture de détenus, les procès militaires iniques, les restrictions du droit à la libre expression et la vulnérabilité des enfants employés comme domestiques ».

Elle cite notamment la récente condamnation à de lourdes peines de prison, par une cour militaire de Rabat, de 25 Sahraouis pour le meurtre de membres des forces de l’ordre lors du démantèlement du camp contestataire de Gdim Izik, fin 2010, sur la base d’aveux qu’elle qualifie de « contestés ».

Sur la liberté d’expression, HRW rappelle la sortie de prison, vendredi dernier, du rappeur Mouad Belghouat, après avoir passé un an derrière les barreaux pour « outrage à la police ».

L’ONG, basée à New York, estime que le chef de l’Etat français « devrait aussi exprimer son inquiétude face à d’autres mesures prises récemment pour restreindre la liberté des médias, comme le retrait de l’accréditation du journaliste marocain Omar Brouksy, de l’Agence France-Presse (AFP), parce que son travail avait soulevé des objections ».

Le 4 octobre, le gouvernement marocain a décidé de retirer l’accréditation de M. Brouksy, mettant en cause sa couverture ce même jour de législatives partielles. Cette décision a été prise en représailles à un reportage comportant une phrase qui faisait mention de la participation de candidats « proches du palais royal » à Tanger (nord).

La direction de l’AFP a demandé officiellement aux autorités marocaines de bien vouloir revenir sur leur décision.

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