Guerre des valeurs

Guerre des valeurs

Je voudrais d’abord à travers cette modeste participation rendre hommage à un grand penseur et intellectuel marocain, l’économiste et le futurologue Mahdi El Mandjra qui est en train de confronter son Parkinson dans un oubli pathétique et indigne à l’égard d’un homme qui a sacrifié toute sa vie à nous éclaircir par ses idées et ses pensées. Durant son long parcours, il a enrichi la scène culturelle arabe et internationale par une multitude d’ouvrages :

la valeur des valeurs à titre d’exemple.

L’ingratitude vis-vis de ce pyramide de la futurologie a éveillé en moi certaines réflexions et questionnements sur le système de valeurs qui nous régit :

Vivons –nous dans un monde où les valeurs ont perdu leur valeur ?            Quelles sont les causes de cette détérioration éthique ?                                  Peut-on reconstituer une société où les valeurs seraient l’unique devise ?

Avant d’analyser la situation actuelle, faisons un clin d’œil sociologique sur le système de valeurs autrefois, à travers ce passage rétrospectif : nul ne peut nier que c’était la belle époque, le mode de vie était simple.les gens gardaient toujours le sourire. La plupart d’entre eux n’étaient pas riches, leur capital unique réside dans leurs qualités solides : la dévotion, la loyauté et le civisme, la bonté, la sincérité, la modestie, la modération, la sobriété, la coopération, l’entraide, la compassion, l’amour, la bienfaisance, la bienséance, la munificence sans oublier leur  générosité et leur hospitalité qui n’avaient point d’égales. Les liens de parenté étaient forts et indéfectibles. Les familles profitaient de chaque événement  pour se réunir dans un climat convivial et chaleureux. Les quartiers formaient des petites communautés où les habitants partageaient le bon et le pire, ils se soutiennent dans les moments d’adversité et de prospérité.les portes de leur maison étaient toujours ouvertes, ne se fermaient que tard la nuit. Les enfants du quartier ou ce qu’on appelait « Ouled Derb »vivaient comme des frères .Ils jouaient collectivement des jeux spécifiques à chaque occasion. A l’époque tout le monde transmettaient des valeurs : les parents, les voisins, le maître à l’école, le fkih au M’sid, l’Imam à la mosquée et même les mass-médias. Ils étaient tous des garants de ce système de valeurs. Ils étaient prêts à sacrifier leur vie pour défendre leur patrie et leur honneur. Ce n’était pas la belle époque ?

Jetons maintenant la lumière sur ce monde matérialiste où les valeurs ont perdu leur valeur, un monde des apparences et de consommation où l’argent est devenu l’unique valeur. Les vertus et les qualités d’humanisme sont supplantés par des bassesses morales, par l’excessivité et l’outrance, par la corruption des mœurs, l’égocentrisme et par la montée de l’incivisme, l’escroquerie, la fourberie, le vol, le viol, l’inceste, la haine, la violence, le terrorisme, la liste est longue. Bref, une vraie défaillance de note système de valeurs.

Certes, nous sommes victimes de ce nouvel ordre mondial qui vise à globaliser même ses valeurs. Plus pire encore nous sommes face à une guerre civilisationnelle, appuyée par ce bouleversement qu’a connu le monde de l’information et la communication qui a affecté et conditionné nos modes de vie et notre système de valeurs.

N’oublions pas aussi  les facteurs internes qui ont contribué à cette dégradation des valeurs, notre système d’ « immunité culturelle »s’est fragilisée à tel point qu’on se contamine facilement par n’importe quel syndrome venant de l’extérieur ; si nous étions vaccinés à temps nous aurions pu faire face à toute invasion culturelle visant à évincé notre système de valeurs par des  valeurs destructives.

Nous ne sommes pas contre l’échange culturel, mais un échange fructueux qui ne vise pas notre déracinement. Mahatma Gandhi avaient raison en disant : « Je voudrais que les cultures de tout pays soufflent sur ma maison, aussi librement que possible .Je refuse d’être déraciner par aucune d’elles ».

La reconstruction d’une société de valeurs est un défi que nous devons tous relever ;Chacun de nous doit assumer une partie de responsabilité pour  réinstaurer les fondements d’un vrai système de valeurs : la famille à travers une éducation modèle, l’école à travers un enseignement de qualité qui vise à former un citoyen vertueux, les mass-médias nationaux doivent jouer un role prépondérant en filtrant tout ce qui peut offusquer la pudeur du citoyen ou nuire à son épanouissement socioculturel et éthique. Elles doivent contribuer en plus à sa sensibilisation et à son instruction par le biais d’un produit constructif, ludique et moralisant .le citoyen lui-même doit être conscient et vigilent du danger de cette colonisation culturelle, en boycottant tout ce qui peut menacer son identité et son patrimoine culturel. Par dictamen de conscience , toutes les forces vives de la société(partis politiques, syndicats, associations de la société civile,…) sont appelés, plus que jamais, à contribuer à la moralisation de la vie publique, en luttant contre le clientélisme et le favoritisme et toutes sortes de dépravation.

L’université aussi doit se tourner d’un outil qui génère des chomeurs vers une institution transmettant un savoir qui a un sens pour l’étudiant, basé sur une pédagogie de pertinence, véhiculant des valeurs et un savoir-faire susceptible de développer ses compétences.

C’est à l’université où doit se forger l’idéal de ce qu’on appelle l’ « honnête étudiant » caractérisé par son engouement pour le savoir et sa persévérance, il est ouvert à la science, doté d’un esprit d’initiative et de créativité, symbole de rectitude, de modération et de tolérance. L’honnête étudiant sait quand et comment défendre ses droits, mais avant tout, il accomplit parfaitement ses devoirs .L’intérêt général pour lui est au dessus de tout intérêt particulier. Il est conscient et attentif à toutes sortes de manipulations. Il croit en Dieu et se comporte en toute bonne foi, Pour lui, la fraude est un crime, un acte ignoble qui ne garantit pas la parité des chances. Il est serviable et n’hésite jamais à partager ses connaissances avec  autrui .Il refuse toutes les idées parasites susceptibles de l’égarer du chemin droit.

Pour  conclure, nul ne peut nier la crise et le déséquilibre dont sombre notre système  de valeurs, accentués par des menaces  extérieures visant à le perturber et à le supplanter par d’autres valeurs dévalorisantes. Nous devons donc faire face à cette agression culturelle, à cette guerre de valeurs, en intensifiant notre vigilance et nos efforts, pour sauvegarder notre patrimoine culturel et éthique. Pour  cela notre esthétique  et nos principes ne doivent être inspirés ni de l’extravagance, l’exubérance et l’outrance des baroques, ni du style ironique et caricatural des burlesques, ni de la recherche de la distinction et le raffinement des précieux ,ni de la raison et le respect des règles des classiques, ni de l’érotisme et les relâchements des mœurs des romantiques .Nos principes doivent être inspirés du coran et de la « sounna »,si nous voulons réinstaurer une société où règne des valeurs universelles, humaines et éthiques.

    Ismail Chennoufi

Prof enseigne .primaire

À propos Mouna Naciri

Un Commentaire

  1. Al Manjra.
    mars 5th, 2013 14:59

    Rallonger la barbe,raccourcir les pantalons et les idées.
    Non ce ne peut être Si El Manjra.
    Vous avez tout faux,monsieur l’instituteur.
    Lisez plus et lisez mieux.

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