Grandes gesticulations et maigres révélations…

Grandes gesticulations et maigres révélations…

Et finalement, la montagne n’aura accouché que d’une souris… En effet, après une longue attente et le débat animé qui avaient précédé la publication des listes des bénéficiaires des carrières de sable, celles-ci ont été mises en ligne avant-hier sur le site du ministère du Transport et de l’Equipement. Tout le monde a découvert alors qu’il s’agit de personnes morales et d’autres, physiques, pas connues. Et donc, le résultat n’aura pas été à la hauteur de l’attente.

Les carrières de sables et de marbre ont de tous temps constitué les clés de la fortune au Maroc et le symbole du prestige, de l’influence et de la rente, et ceux qui en bénéficient appartiennent aux différents cercles d’influence que connaît ce pays, que cela soit le monde politique ou financier, dans l’entreprise ou au sein de l’armée et des services de sécurité ou encore des services tout court, sans oublier l’autorité à tous les niveaux… Voilà pourquoi le secteur est toujours resté enfermé dans son secret, que personne n’a jamais osé s’en approcher, alors a fortiori en dévoiler les ressorts ; et cela s’applique également aux licences de pêche en haute mer, en raison de la qualité de ces « gros poissons » qui font main basse sur ces immenses fortunes que recèlent les mers et les océans.

Quand le gouvernement, au début de son mandat, avait laissé entendre qu’il ferait la guerre à la corruption en dévoilant les listes qui devaient l’être, pour le sable ou le transport, les gens avaient supputé que la corruption vivait ses derniers instants. Et puis, de fait, le gouvernement a tenu sa promesse et avait publié les listes des bénéficiaires des agréments de transport, mais des listes qui ne contiennent que des noms de sportifs et d’artistes, le ministère n’ayant pas osé sortir les noms des autres, les influents, les puissants… Et voilà que, une fois de plus, la même chose se produit, la même (mauvaise) surprise est au rendez-vous avec les carrières de sable, car l’opinion publique croyait quand même assez à un « courage » politique d’un genre nouveau, qui aurait été pourtant le prolongement et la suite logique des grands slogans brandis par le gouvernement sur la lutte contre la corruption et la « tolérance zéro » pour l’économie de rente… las… hélas.

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Maroc

À propos Ghita Senhaji

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