Gerets : « Donnez-moi une semaine… »

Gerets : « Donnez-moi une semaine… »
0 commentaires, 05/06/2012, Par , Dans Couverture, Sport

Quand j’ai entendu Gerets demander aux Marocains de faire montre de patience pendant une semaine, suite à la défaite contre le Sénégal, cela m’a effrayé, et je me suis dit, in petto « qu’est-ce que va encore nous sortir cet énergumène durant cette semaine ? ». Je me suis donc attendu au pire. J’ai ainsi entrevu Eric aller à la Trésorerie générale du royaume et y procéder à une opération financière toute simple, ou plutot très compliquée ; il multipliait 250 millions de centimes par le nombre de mois qu’il a passés au Maroc, avant de décider de rembourser intégralement la somme obtenue, partant du principe que le Maroc est un pays pauvre (« hé, on ne te permet pas de dire qu’on est un pays pauvre ! »), que son peuple est prioritaire pour user de ces capitaux, surtout que le Belge avait entendu que le gouvernement n’avait rien trouvé de mieux à faire que d’appliquer cette fameuse augmentation du prix des hydrocarbures aux crétins que nous sommes.

J’ai également vu Eric rédiger une dernière lettre d’adieux, avant de se nouer une corde autour du cou et de mettre fin à ses jours après qu’il se soit révélé incapable de battre le Sénégal à Marrakech, et après qu’il eut démontré que malgré ses tours du monde, lui et ses « garçons », il n’avait jamais pu se qualifier à rien, ni compétition mondiale, ni tournoi continental ni même un concours régional…

En entendant cette phrase – « une semaine, siouplaît » – je me suis attendu à lire un communiqué incendiaire publié par l’homme, un communiqué où il dénoncerait les interventions du haut et les interventions du bas qu’il doit gérer quotidiennement, et qui l’empêchent de mener à bien sa mission de conduire son équipe vers la victoire. Je l’ai imaginé écrire les noms de « Ali Fassi Fihri, Karim el Alem, el Ouali Alami,… » et les autres, et leur imputer leurs implications dans tout, grandes questions et petites affaires et je l’ai imaginé aussi nous révéler d’autres noms qui entravent l’accomplissement de ce qu’il s’était engagé, dès le premier jour, à accomplir.

Et puis après, j’ai pu voir dans mon esprit ce spectacle du monde du football national ébranlé par ces révélations « ériquiennes », imaginant dans mes configurations cérébrales le même Eric nous dévoiler les détails de ce plan médiatico-politico-fédératif tendant à laisser notre sport national n°1 dans l’ornière dans laquelle il se trouve afin que ceux qui profitent de cette situation calamiteuse continuent leur œuvre jusqu’à ce que Dieu en décide autrement. Un jour.

« Accordez-moi une semaine » est une phrase lourde de sens, porteuse de prévisions qui doivent se réaliser au terme de cette fameuse et désormais célèbre semaine… Et nous les Marocains, du fait de notre incapacité à dire non à cet « étranger », nous lui avons effectivement accordé ce délai, attendant comme tout le monde… et de fait, notre surprise a été grande, au terme de cette semaine d’Eric.

En effet, et pour la première fois dans l’histoire de notre football, nous avons failli perdre face à la Gambie. Je ne suis pas de ceux qui méprisent les nations parce qu’on les voit de loin plus petits que nous ou ne disposant pas de notre niveau, mais il faut reconnaître que la Gambie a une équipe de football du niveau d’un des clubs de notre championnat dans lequel Ali et « sa bande » nous entrainent chaque année ; à preuve, si nous mettions sur le dos des joueurs gambiens un des maillots du Moghreb de Tétouan, du Raja, des FAR ou de Khemisset, nous n’aurions pas nécessairement vu la différence entre les jeux développés par ces clubs et celui de cette « sélection ».

Or, la catastrophe, c’est que ce club a failli avoir raison de notre équipe à nous ; il a concrétisé avant nous, et il a raté aussi plusieurs occasions de but. Et nous, nous nous sommes retrouvés avec des joueurs éparpillés auxquels nous avons voulu prêter ce qui ne se prête absolument pas à eux, des joueurs qui ont sué par la suite sang et eau jusqu’à ce que le bon Dieu ait eu pitié de nous et que Kharja marque, Kharja qui semblerait être le seul joueur de notre équipe qui connaisse l’adresse des buts adverses.

Bien entendu, nous ne sommes pas sortis fêter cette réalisation au volant de nos voitures, vociférant et hurlant par klaxons interposés, probablement en raison de la dernière décision de Benkirane qui, en augmentant les prix des hydrocarbures, a incité les gens à réfléchir par deux fois, ou trois, avant de sortir leurs véhicules… Mais nous avons quand même ressenti une sorte d’apaisement après l’égalisation car une défaite face à la Gambie – et bien que nous ayons déjà touché le fond en termes de défaites et de déceptions – aurait constitué quelque chose que le peuple du Maroc n’aurait pu supporter, lui qui supporte déjà beaucoup.

En définitive, Eric ne nous a pas menti cette fois. Il nous a demandé une petite semaine avant de nous dire « sans avoir l’air d’y toucher », que nous ne verrons du Mondial brésilien que ce que les télés nous en montreront, que notre Sélection nationale n’a aucune chance d’aller au Brésil, sauf si l’avion qui transporte l’équipe ivoirienne se crashe, que les joueurs gambiens passent de vie à trépas et que tous les footballeurs tanzaniens se mettent en tête d’organiser un suicide collectif. Mais gagner la balle au pied, voilà une chose qui apparaît strictement hors de question… et cela, nous le savons depuis que nous avons vu les notres jouer lors de la Coupe d’Afrique des Nations. Mais ce que l’on sait, nous, semble importer très peu.

Ce qui est important, en revanche, c’est que ceux qui donnent tout cet argent à Gerets, chaque fin de mois, le sachent aussi.

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Maroc

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