France : Des anciens cheminots marocains victimes de discrimination demandent justice

France : Des anciens cheminots marocains victimes de discrimination demandent justice

Ils achèvent leur carrière avec le sentiment de s’être « fait avoir »: en France, 832 cheminots de nationalité ou d’origine marocaine demandent « réparation » à la Société nationale des chemins de fer (SNCF) pour discrimination durant leur carrière.

Embauchés comme contractuels par la SNCF dans les années 70, donc avec un contrat de droit privé, environ 2.000 Marocains n’ont jamais pu bénéficier du statut particulier des cheminots en France, qui offre garantie d’emploi et avantages en matière de protection sociale et de retraite.

La plainte de 832 de ces « Chibanis de la SNCF » sera examinée à compter de lundi et jusqu’au 27 mars devant les Prud’hommes de Paris, des tribunaux spécialisés en droit du travail.

Ces salariés et retraités venus du Maroc réclament en moyenne 400.000 euros de dommages et intérêts, dont la moitié au titre du préjudice de retraite. Le jugement devrait être rendu ultérieurement.

Agent « de mouvement », « reconnaisseur », « aiguilleur », « au charbon » ou « au graissage » : Abdel (prénom modifié à sa demande) a enchaîné les postes en banlieue de Paris après avoir été débauché d’un village minier de l’Atlas marocain.

« On a fait le même boulot mais on n’avait pas les mêmes avantages que les collègues français pour la retraite, la médecine ou les jours de carence », explique ce Franco-marocain. « On calait les wagons. C’était dur l’hiver de faire l’attelage des trains de 700 mètres mais quand il fait chaud c’est pire », lâche-t-il.

« On était des cheminots aptes à tout, disponibles à Noël », témoigne Abdelghani Azhari, envoyé à la gare de triage d’Achères, en banlieue parisienne, où il était logé avec d’autres dans un foyer préfabriqué.

Ces cheminots « ont travaillé dans des conditions difficiles, faisaient exactement les mêmes tâches que leurs collègues français au statut mais ont vu leurs carrières bloquées et ont eu des retraites moindres », plaide Me Olivier de Boissieu, l’un de leurs avocats.

Les cheminots marocains, précise sa consoeur Clélie de Lesquen-Jonas, « ne remettent pas en cause le statut », ils demandent l’application du principe « à travail égal, salaire égal ».

À propos François Deville

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