France : Abandon de l’enquête sur le fichage d’élèves musulmans

France : Abandon de l’enquête sur le fichage d’élèves musulmans
0 commentaires, 03/07/2015, Par , Dans Couverture, Monde

La justice française a annoncé jeudi avoir classé sans suite une enquête ouverte début mai sur le fichage présumé d’élèves musulmans par la ville de Béziers (sud), dirigée par l’extrême droite, qui avait suscité un tollé dans la classe politique.

« Il n’y a rien qui permette de prouver quoi que ce soit. Je classe l’affaire sans suite », a déclaré le procureur de Béziers, Yvon Calvet, qui avait ouvert une enquête préliminaire pour « tenue illégale de fichiers en raison de l’origine ethnique ».

Le maire de Béziers, Robert Ménard, élu en 2014 avec le soutien du Front national (extrême droite), avait affirmé le 4 mai disposer de statistiques sur la religion des élèves dans les écoles de sa commune établissant la présence de « 64,6% » d’enfants de confession musulmane.

« Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de le dire, le maire a, classe par classe, les noms des enfants. Je sais que je n’ai pas le droit de le faire. Pardon de le dire, les prénoms disent les confessions. Dire l’inverse, c’est nier l’évidence », avait-il dit sur la télévision publique France 2.

Devant le tollé suscité, il avait fait marche arrière le lendemain en assurant qu’il n’y avait « pas de fichage des élèves à Béziers » et qu’il n’y en aurait « jamais ».

« Je suis vraiment satisfait. C’est la fin d’une polémique bidon. Il n’y avait rien d’illégal à dire cela, le bon sens a triomphé. Dire ce qui est me semble être le métier du maire. Il n’y avait rien de rien dans ce dossier », a réagi Robert Ménard jeudi soir à l’annonce du procureur.

Les déclarations initiales du maire de Béziers avait fait réagir jusqu’au sommet de l’État français. Le président François Hollande avait évoqué un procédé « contraire à toutes les valeurs de la République ».

Robert Ménard, ancien patron de l’organisation Reporters sans frontières, a déjà suscité plusieurs polémiques depuis son élection à la tête de la ville en mars 2014.

Il a notamment interdit de pendre du linge aux fenêtres du centre-ville de Béziers, décidé d’un couvre-feu pour les mineurs et assumé une campagne d’affichage faisant d’un énorme pistolet le « nouvel ami » de la police municipale.

Mots Clefs:
FranceIslam

À propos Amine Kabbaj

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *