Fin du monde et fin de mois…

Fin du monde et fin de mois…
0 commentaires, 21/12/2012, Par , Dans Chroniques

Aujourd’hui vendredi, la fin du monde… Si les gens se réveillent et constatent que rien ne s’est produit et que leur journée s’annonce ordinaire, cela relèvera simplement de la chance, car les études des Indiens Mayas affirment que le 21 décembre 2012 est le jour où sonnera le glas de l’humanité. Or, par le plus grand des malheurs, rien de cela n’est arrivé, mais bon, il faudra quand même attendre la fin de la journée pour s’en assurer.

Dans toutes les contrées de la planète, les humains se sont donc préparés à faire le grand voyage, ou le grand saut… Certains ont trouvé refuge sur les sommets des montagnes, ont élu domicile dans des grottes juchées haut, très haut, car ils sont convaincus que la fin du monde prendra la forme d’un gigantesque tsunami et, ce faisant, ils se sont inspirés de Noé, de son Arche et de ses animaux…

D’autres ont pensé à la chose inverse, et sont allés se planquer au fin fond de cavernes sinuant dans le ventre de la terre, étant persuadés que la fin du monde résultera de l’écoulement de laves suite à l’éruption de tous les volcans et/ou de la chute de dizaines, de centaines de météorites en feu…

Bref, tout sera fini aujourd’hui, mais personne ne sait comment !

Aux Etats-Unis, ce pays à la population très naïve et au gouvernement encore plus trompeur, ils sont extrêmement nombreux à s’être équipés de toutes sortes de choses et de gadgets pour se protéger du cataclysme programmé, ce qui signifie que tous ces gens croient en la fin du monde, mais aussi en leurs chances de survie. Ils ont donc « investi » jusqu’à 100.000 dollars pour s’acheter des bunkers qui les protégeraient contre l’atome, l’écume ou encore les gros cailloux de l’espace. Eh oui, l’Amérique est et restera l’Amérique, certains croient en la fin de tout et dépensent des fortunes pour s’en prémunir, et d’autres croient aussi en cette même fin, mais à d’autres fins, et déploient des trésors d’imagination pour satisfaire les premiers, et récupérer en passant leurs fortunes.

On dit que cette prophétie de fin du monde ne signifie aucunement que tout disparaîtra… non, il s’agit simplement d’un nouveau cycle de vie ; aussi, ce sont quelque 90 % des humains qui périront et la vie s’arrêtera momentanément, avant que les survivants ne s’élancent de nouveau dans un nouveau cycle, sans autos, sans tramway, sans télés ni portables ni avions… un nouvel âge de pierre, quoi. Cela aurait été bien, d’ailleurs, mais par malchance, rien ne s’est encore produit.

Le plus drole, si l’on peut dire, est que les Mayas qui a tant et tant prophétisé semble avoir oublié une effrayante vérité… la fin de leur empire, qui s’est produite voici une demi-dizaine de siècles, quand ils avaient été envahis par les conquistadors espagnols et leurs homologues portugais qui s’étaient attelés à exterminer une civilisation plurimillénaire, massacrant les uns, égorgeant les autres, et ne laissant que de très rares rescapés qui avaient pris la poudre d’escampette… Ce que les gens ne veulent décidément pas comprendre, c’est que chacun a son monde, et que chaque monde est appelé à disparaître, mais pas nécessairement tous les mondes, en même temps.

Cependant, cette fable de la fin du monde aura été utile, et éminemment sérieuse, pour beaucoup de gens, et les plus intelligents, qui ont tout compris, sont les gars d’Hollywood qui exploitent toute chose pouvant leur apporter des milliards, et c’est bien pour cela que plusieurs films ont été produits, réalisés, commercialisés sur cette apocalypse du cru 2012. Des milliards, on vous dit…

Les Américains ne se soucient que très peu de la fin du monde, eux qui ont mis fin aux mondes de plusieurs peuples… Leurs pères ont mis, donc, fin au monde des Indiens, puis ont mis fin à l’existence des peuples de deux villes japonaises en 1945, et puis, pris par leur habitude sans doute, ils ont occis des millions de gens ici et là sur notre planète, et ensuite ils se sont attelés à bousculer l’écosystème, faisant de l’hiver un été et inversement. Les Américains ne craignent pas la fin du monde puisque ce sont eux qui en sont les auteurs.

Mais ils ne sont pas les seuls à ne pas avoir peur… puisque les Marocains aussi sont dans leur cas, et pas parce qu’ils sont aussi puissants, mais parce que, au contraire, ils sont plus faibles que tout et tous. Les notres ne craignent pas la fin du monde car qu’il reste ou qu’il finisse, c’est du pareil au même pour beaucoup d’entre eux. Pourquoi donc aurait peur de l’apocalypse, le gars qui va à l’hopital et qui n’y trouve ni médecin, ni vaccin, pas de cardio ni de radio et que, par-dessus le marché, il doive graisser la patte de ceux qui sont là ?…

Celui qui vit en hauteur, dans des villages juchés à flanc de montagne, qui est encerclé par la neige, dont les enfants meurent de froid, enfin ceux qui ne sont pas morts de faim ou de maladie, il est presque certain qu’il ne craint pas la fin du monde, mais qu’il la souhaite même, hier avant aujourd’hui… au moins trouvera-t-il un moyen de se venger de ceux qui ont fait du monde des mondes, des mondes où les uns glissent sur cette même glace qui glace d’autres qu’eux, et parfois même les tue.

Et cet autre homme, qui sue et trime tout le mois et qui, à la fin de ce mois, touche quelques dirhams qui ne lui suffiront même pas pour deux semaines, il est sûr que la fin du monde ne l’ébranle pas non plus, du moins pas autant que l’expression « fin de mois » qui, elle, est effrayante !

Si un peuple vit sous le joug de la corruption, et qu’il constate que cette corruption le ronge nuit et jour, sans qu’il ne parvienne à s’en défaire, alors c’est vrai, le véritable problème ne consistera pas en cette fin du monde, mais en sa survie.

Mots Clefs:
Marocains

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