Faute de diagnostic précoce, 50 pc des diabétiques marocains ignorent leur maladie

Faute de diagnostic précoce, 50 pc des diabétiques marocains ignorent leur maladie
0 commentaires, 13/11/2012, Par , Dans Société

Quelque 50 pc des diabétiques marocains ignorent leur maladie en raison de l’absence d’un diagnostic précoce, a affirmé Dr Abdelmjid Chraibi, chef du service d’endocrinologie, diabétologie et nutrition à l’hopital Avicenne à Rabat.

Dans un entretien à la MAP à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale du diabète (14 novembre), M. Chraibi a noté que si les estimations du ministère de la Santé font état d’environ un million et demi de diabétiques à l’échelle nationale, le nombre exact des Marocains atteints est certainement supérieur, la plupart d’entre eux ne découvrant ce fait que lors de stades avancés de la maladie à cause du manque ou de l’absence de symptomes et du retard de diagnostic.

Près de la moitié des diabétiques ne se rendent compte de leur maladie qu’après des années, les symptomes étant infimes ou même inexistants, notamment pour les personnes atteintes de diabète de type 2 , a-t-il expliqué.

Ce type de diabète, qui représente 90 pc des cas, touche le plus souvent les personnes âgées de plus de 40 ans pour des raisons génétiques ou à cause d’un mode de vie malsain ou du manque d’exercices, a poursuivi M. Chraibi.

Quant au diabète de type 1, il concerne principalement les enfants et les jeunes de moins de 30 ans, et résulte souvent de l’infection du pancréas, l’organe qui sécrète l’insuline.

D’autre part, M. Chraibi, également professeur à la faculté de médecine de Rabat et ancien président de la Société marocaine d’endocrinologie, diabétologie et nutrition, a indiqué que le diabète touche plus les femmes que les hommes (60 pc des cas), du fait qu’elles sont plus exposées au risque d’obésité et qu’elles pratiquent moins le sport, ajoutant que la plupart des diabétiques vivent en milieu urbain, le mode vie en milieu rural étant marqué par des activités physiques plus intenses et un régime alimentaire plus équilibré.

Le spécialiste a aussi pointé du doigt le manque flagrant en médecins spécialisés dans le suivi des diabétiques, dont le nombre ne dépasse pas 160 médecins, concentrés à 60 pc dans l’axe Rabat-Casablanca.

Par ailleurs, M. Chraibi a souligné l’importance de la sensibilisation des citoyens à la gravité des maladies diabétiques et aux facteurs à risque, notamment l’obésité et le manque d’activité physique, notant que cet effort de sensibilisation doit inclure non seulement les malades et leurs familles mais également l’ensemble de la société et même le corps médical. Ce dernier se doit d’insister auprès des citoyens à se soumettre au diagnostic précoce.

Dans ce cadre, il a relevé que la stratégie du ministère de la Santé, menée en partenariat avec les médecins des secteurs public et privé et la société civile, vise à sensibiliser à l’importance du diagnostic précoce et la nécessité de garantir une prise en charge complète des personnes diabétiques, depuis le diagnostique jusqu’au traitement de la maladie.

Le diabète fait partie des maladies chroniques qui nécessitent un traitement global, incluant la prise des médicaments, l’observation d’un mode de vie équilibré et l’arrêt des mauvaises habitudes, notamment le tabagisme, a affirmé M. Chraibi, mettant en garde contre le non respect des indications du médecin, pouvant causer de graves complications dans les fonctions vitales comme la vue, la circulation sanguine et les fonctions des reins et du cÂœur.

Il a également appelé à s’en tenir au mode de vie traditionnel marocain, notamment en matière de nutrition, afin de combattre cette maladie, qui risque de se propager davantage selon les prévisions pour les 25 prochaines années.

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Casablanca

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