Pays Bas : « Je retourne au Maroc, parce qu’ils disent que je ne suis plus le bienvenu ici »

Pays Bas : « Je retourne au Maroc, parce qu’ils disent que je ne suis plus le bienvenu ici »
0 commentaires, 14/05/2014, Par , Dans Couverture, Monde

Dans une vidéo très consultée sur YouTube, on voit un jeune homme basané traînant une valise à travers les rues d’une ville des Pays-Bas et disant qu’il quitte le pays.

« Je retourne au Maroc, parce qu’ils disent que je ne suis plus le bienvenu ici », explique-t-il aux gens qu’il croise avant d’ajouter: « Je tiens à remercier pour les 20 ans où l’on m’a permis de séjourner aux Pays-Bas ».

Le clip, consulté près de 500.000 fois dans le mois qui a suivi sa mise en ligne, est la réplique d’un humoriste de la télévision à des propos tenus par Geert Wilders.

Lors d’un discours, en mars, le fringant leader du Parti de la liberté, mouvement xénophobe, a demandé à la foule de ses sympathisants s’ils voulaient davantage ou moins de Marocains dans le pays.

« Moins! Moins! », a repris la foule.

« Bien. Je vais arranger ça! », a-t-il répondu un sourire aux lèvres.

A la suite de ce discours, plus de 5.000 plaintes ont été déposées afin que Wilders soit poursuivi pour incitation à la haine et le leader d’extrême droite a perdu plusieurs de ses alliés politiques.

Dix-huit pour cent des Néerlandais déclarent vouloir voter pour le parti de Geert Wilders lors des élections européennes, qui auront lieu le 22 mai aux Pays-Bas. Le Parti de la liberté devance dans les intentions de vote aussi bien les Libéraux que le Parti travailliste et fait jeu égal avec la formation centriste D66.

Même si Geert Wilders ne rallie à lui qu’une minorité d’électeurs, ses thèses séduisent les indécis, et c’est lui qui a donné le ton d’une campagne électorale de plus en plus virulente en ce qui concerne l’immigration.

SANS REGRETS

« Si vous organisiez un référendum demain aux Pays-Bas et posiez la question que je pose: voulez-vous plus ou moins de Marocains?, je pense que 70 ou 80% répondraient (moins) », a dit Wilders à Reuters en avril.

Dans le clip de YouTube, des blancs expriment leur dégoût face à la rhétorique anti-marocaine. Certains embrassent le jeune « sur le départ » – qui, dans la réalité, est Nesim Ahmadi, fils de parents turc et iranien, et dit avoir tourné la vidéo avec une caméra cachée.

Geert Wilders déclare ne pas avoir visionné le clip et il refuse de le regarder. Selon un sondage commandité par son parti, 43% des Néerlandais aimeraient que le nombre de Marocains vivant aux Pays-Bas diminue.

A la suite de son discours sur les Marocains, 13 des 100 responsables du Parti de la liberté siégeant dans des assemblées, tant au plan national que local, ont démissionné du parti en signe de protestation. Ces départs auront des retombées en termes de financement de la formation de Wilders, ce qui a conduit certains à dire qu’elle traversait une crise sérieuse.

Le Premier ministre néerlandais, Marc Rutte, a déclaré que son Parti libéral, dont Geert Wilders était membre jusqu’en 2004, ne gouvernerait pas avec le Parti de la liberté tant que son chef n’aurait pas présenté d’excuses.

Geert Wilders, déjà sous le feu des critiques après son film Fitna (2008), dans lequel il estimait que le Coran incitait à la violence, déclare n’avoir aucun regret.

« C’est triste de voir des personnes quitter votre parti », dit-il à Reuters. « Mais ce n’est pas le cas de l’électorat. Les électeurs sont très fidèles, très solides ».

À propos Ghita Senhaji

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