Et si le gouvernement tombe, cela réglera-t-il pour autant la crise ?

Et si le gouvernement tombe, cela réglera-t-il pour autant la crise ?

Les menaces de Hamid Chabat, Secrétaire général du parti de l’Istiqlal et principal allié du gouvernement Benkirane, montent en puissance quant au retrait de ce parti de la coalition au pouvoir. Et avec le temps, Chabat varie ses armes avec lesquelles il éreinte le grands corps malade du gouvernement islamiste qui se trouve aujourd’hui seul au milieu de la mêlée.

Il est nécessaire de se comporter avec sérieux face à ces menaces rageuses et accusations dangereuses. Le leader istiqlalien a ainsi dit qu’il a vu un ministre entrer au parlement en état d’ébriété, puis il est passé à la vitesse supérieure dans ses attaques, accusant la moitié des ministres d’être des « pochards » ; et face à l’indifférence générale, Chabat a révélé ses véritables intentions, à savoir se retirer de la coalition gouvernementale.

Aujourd’hui, les choses sont claires, et le débat politique a vraiment atteint le fonds, sans possibilité aucune d’être récupéré. Quant au spectacle offert, il commence à lasser et n’amuse plus personne ; il est grand temps de relever le niveau de ce débat et d’institutionnaliser les différends. Que ceux qui ne se retrouvent plus dans la majorité aient donc le courage de la quitter, soit en prenant la décision de basculer dans l’opposition soit en entreprenant de faire tomber le gouvernement au moyen d’une motion de censure. Ils sont plusieurs au sein de l’opposition qui n’attendent que cela.

Mais, que se passerait-il si l’Istiqlal sort, ou si le PJD quitte ou enfin si la légalité constitutionnelle est respectée et que tout le monde aille aux urnes lors d’élections qui reviendront cher et qui engraisseront encore plus les notables ? La crise économique qui frappe et secoue le pays sera-t-elle résolue ? Las… dans un pays où l’environnement politique se délite chaque jour un peu plus, et qui perd quotidiennement en crédibilité, il serait difficile, même à des prestidigitateurs, de convaincre les électeurs d’aller voter dans de telles conditions. Et c’est cela le véritable démon qui hante et traque tout le monde.

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Benkirane

À propos Mouna Naciri

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