Et si le gouvernement tombait ?…

Et si le gouvernement tombait ?…

Dans son édition de la fin de la semaine dernière, le Matin a évoqué trois scénarios possibles pour le remaniement ministériel prévu dans le cas où l’Istiqlal déciderait de se retirer de la coalition gouvernementale pour rejoindre les rangs de l’opposition.

Dans le premier scénario, l’Istiqlal serait numériquement remplacé par le RNI et l’UC, sauf que le ministre d’Etat Abdallah Baha a écarté cette éventualité, de même qu’il a exclu une alliance nouvelle avec les gens de l’USFP et ceux du PAM.

Le second scénario consisterait en la convocation d’élections législatives anticipées qui permettraient de dégager une nouvelle majorité, plus homogène. Cela paraît être en effet la solution la plus adéquate pour dépasser la crise de l’actuelle majorité.

Le Matin évoque une troisième possibilité, et qui serait que le gouvernement, amputé de l’Istiqlal, continue tout de même de travailler, mais tomberait par conséquent dans la configuration d’un « gouvernement minoritaire » dont les composantes restantes (PJD , PPS et MP) devront chaque fois qu’un texte devra être voté, recourir à des ententes factuelles avec les partis d’opposition ; cette solution implique aussi, et surtout, la possibilité d’une motion de censure qui pourrait être mise au vote à tout instant, comme une épée de Damoclès qui serait suspendue au-dessus de la tête de l’équipe gouvernementale.

L’analyse du Matin est très logique d’un point de vue juridique, mais montre en creux, politiquement, que le Maroc et sa classe politique requièrent des changements urgents dans leur méthode et manière de gérer les affaires publiques. Le remaniement gouvernementale n’est qu’une partie de ces changements à opérer, et l’opinion publique devrait s’habituer à cela et à d’autres dynamiques similaires qui sont à même de mesurer le degré de stabilité politique, comme cela se passe dans les grandes démocraties où les gouvernements se succèdent mais où les institutions restent en place, pour garantir la continuité de l’Etat.

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Maroc

À propos Abdellah Miloudy

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