Et maintenant, après cette tragédie, que fera le Maroc ?

Et maintenant, après cette tragédie, que fera le Maroc ?
0 commentaires, 15/03/2013, Par , Dans Chroniques, Couverture

Voici quelques jours, une chaîne espagnole a diffusé une vidéo choc montrant un garde-cote espagnol heurtant et coulant une patera marocaine chargée de 25 émigrés clandestins marocains pour la plupart originaires de la ville de Sidi Ifni, dans la région de Lanzarote, dans les îles Canaries.

Les faits se sont produits il y a quelques mois, et la vidéo montre à n’en point douter comment le patrouilleur de la Garde civile espagnole visait bien le naufrage de l’embarcation, à la faveur de la nuit. Suite à cet accident, 7 émigrés sont morts, et 18 ont miraculeusement survécu, pour une raison très simple, la proximité de la cote.

La chaîne espagnole qui a diffusé la vidéo a indiqué que c’était là la première fois depuis 30 ans que dure ce phénomène de l’émigration, qu’un garde-cote entreprend de couler volontairement une embarcation. Mais en réalité, il ne s’agit pas du tout d’un précédent ; en revanche, c’est la première fois qu’une telle action est filmée, puis diffusée.

Tout au long des trois dernières décennies, des naufragés clandestins, marocains et africains, ont raconté comment de tels accrochages s’étaient soldés par de véritables tragédies. Ils sont très nombreux à avoir coulé, à s’être noyés, mais les choses ont toujours été tenues secrètes, les deux gouvernements marocain et espagnol se réfugiant dans une hypocrisie flagrante, agissant comme si ces drames n’avaient tout simplement pas eu lieu.

Dans les années et décades passées, les émigrés clandestins racontaient à leurs amis et à leurs proches comment ils avaient échappé, miraculeusement, à une mort certaine alors qu’ils tentaient la traversée du Détroit dans leurs frêles embarcations ; ils expliquaient comme les patrouilleurs espagnols entreprenaient de les couler, soit en les emboutissant, soit en passant à coté d’eux à grande vitesse afin de soulever des vagues qui allaient les noyer.

Le comportement de ces garde-cotes espagnols évoque celui des immenses orques… Ainsi, dans les eaux glaciales des poles, quand ces poissons géants avisaient un phoque dont ils souhaitaient faire leur repas, et que ce phoque allait se réfugier sur un bloc de glace flottant, ils passaient très près pour remuer les flots, déstabiliser le bloc, et attendre que le phoque tombe en mer avant de l’avaler.

Certains émigrés clandestins, rescapés, étaient allés trouver des journalistes espagnols pour leur raconter ce qui se passait sur l’eau, mais soit on ne les croyait pas, soit on leur demandait des preuves, car personne ne peut accuser la Garde civile espagnole de pareils crimes sans disposer d’éléments à charge établis. Mais comment donc un émigré, dont le seul but dans la vie est d’arriver vivant sur la cote espagnole, pourrait-il penser à se munir d’un appareil de photo et/ou vidéo, de le sortir pendant que des policiers espagnols racistes essaient de couler sa patera, et immortaliser tout cela ? C’est impossible.

Une autre fois, c’est un autre émigré clandestin qui raconte comment, alors qu’il essayait de traverser le Détroit de Gibraltar, un patrouilleur espagnol avait foncé sur son embarcation, la fendant en deux, avant de s’en aller comme si de rien n’était. Les rescapés insistent sur le fait que ce type de crimes sont les plus odieux car leur auteurs restent impunis à jamais, et aucun témoin ne peut déposer à charge contre eux, alors qu’ils continuent à commettre leurs actes soit par racisme, soit par paresse, pour ne pas avoir à endurer le marathon des procédures administratives en cas de réception des émigrés sur leur territoire, et avant leur expulsion vers leurs pays d’origine.

Quand les survivants racontaient leurs drames vécus, personne ne donnait crédit à leurs récits car personne ne pouvait croire que les militaires espagnols pouvaient se livrer à de tels actes. Mais maintenant que les gens ont pu voir ce qui s’est produit à Lanzarote, il est important que les idées évoluent : l’Espagne, pour faire court, est un pays qui nous a colonisés et depuis ne cesse de nous regarder comme ce voisin du sud, dérangeant et sous-développé, et donc aux yeux de ses habitants, il n’existe aucun mal à commettre de tels crimes contre les notres.

Et maintenant, la question est la suivante : que fera le Maroc, une fois que tout le monde aura vu la vidéo ? Il ne faut pas d’attendre à une grande réaction car les jeunes qui ont été victimes de cet accident en mer venaient de Sidi Ifni, cette ville où les habitants s’étaient révoltés il y a quelques années pour mettre fin au monopole du poisson bénéficiant à certains notables de leur région, et voilà qu’aujourd’hui, au lieu de profiter du poisson de leurs cotes, ils servent eux-mêmes de nourriture à d’autres poissons.

C’est là la logique d’un pays où ils sont encore très nombreux, ceux qui estiment qu’il marche droit.

Mots Clefs:
Maroc

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