Embrasser des souliers et gifler les policiers… cela mène droit au chaos

Embrasser des souliers et gifler les policiers… cela mène droit au chaos
0 commentaires, 04/03/2013, Par , Dans Chroniques, Couverture

Voici une semaine, les Marocains ont appris un fait insolite, sachant que rien ne peut plus vraiment surprendre dans ce pays étrange. Que dit cette information ? Qu’un ouvrier a été obligé d’embrasser le(s) soulier(s) d’un substitut du procureur du Roi à Midelt.

Si l’instruction menée confirmecette information, alors nous serons face à un gros, très gros problème, et dans quelques temps, nous apprendrons que ce fait a été rapporté par les canaux d’information sur les cinq continents. Nous ouvrirons un journal au Nicaragua et nous verrons que les aventures de ce substitut y ont été racontées, et si nous regardons le JT du pays Esquimau, nous entendrons le présentateur évoquer le cas de cet individu qui a été obligé d’appliquer un baiser sur la (les) chaussure(s) d’un magistrat au Maroc.

Le plus étrange est que ce simple citoyen répond au nom de Moulay Hachem, et que le procureur s’appelle Saïd el Hafia, tel que… et ce sera bien la première fois qu’un homme dont le nom commence par Moulay se prosterne au Maroc pour embrasser le soulier d’un autre homme, au nom si ordinaire…

Les enquêteurs de la Brigade nationale de la Police judiciaire se sont donc déplacés à Midelt pour s’enquérir de la réalité des faits, et cela aussi constitue un précédent car dans le passé, un tel intérêt de la police n’aurait pas été possible, et les gens auraient embrassé toutes les chaussures de tous les agents d’autorité sans que personne n’y eut rien à trouver à redire. En ces temps-là, les populations entendaient parler de ces hommes de pouvoir qui pratiquaient le sport consistant à gifler leurs administrés comme ils se seraient livrés à la pratique du punching-ball. Et donc, il semblerait que ce substitut du procureur ait réussi à mettre au point une machine à remonter le temps qui l’aurait propulsé quelque mille ans en arrière. Et, bien évidemment, les perdants dans cette histoire sont les citoyens qui ne cessent de croire en un Maroc meilleur et qui ne cessent de constater que rien n’a vraiment changé.

Si les faits reprochés au magistrat venaient à se confirmer, il se trouverait dans une situation que bien peu de personnes lui envieraient… Mais que faire aussi de tous ces gamins nés avec une cuillère d’argent dans la bouche et qui trouvent un certain plaisir à souffleter les policiers pour affermir et/ou retrouver une virilité perdue ? Le plus triste est que chaque fois que les gens essaient d’oublier de pareils actes, voilà que de nouveaux viennent les leur rappeler, avec tous ces types qui ne cessent d’appliquer des claques sur les joues de nos agents de police. Vous souvenez-vous de ce gars qui avait tiré une balle sur un agent de la circulation à Casablanca ? Et vous rappelez-vous de cette fille gâtée qui avait heurté avec sa voiture une policière de Rabat ? Et avez-vous encore à l’esprit ce propriétaire d’un célèbre cabaret de Tanger qui avait outragé un policier, au vu et au su des passants qui passaient, qui s’arrêtaient et qui regardaient la scène ?

Les populations peuvent bien critiquer les comportements des agents verbalisateurs sur les routes du pays, mais personne, absolument personne, ne peut admettre qu’on les gifle, car cela ne peut signifier qu’une seule chose : gifler un policier revient à gifler la loi et à mépriser lé sécurité dans ce pays.

Quand nous constatons ces humiliations des policiers sur nos routes, il est tout à fait naturel d’en attendre et d’en deviner les conséquences… Il devient ainsi tout à fait normal de voir que de très nombreux conducteurs considèrent les feux de signalisation comme des mobiliers urbains décoratifs, de même qu’il devient banal que les automobilistes confondent les panneaux Stop avec des stroboscopes excitants, et il est aussi coutumier de regarder ces jeunes, à peine sortis de l’adolescence, conduire des bolides achetés à coups de millions de dirhams à des allures démentielles, jouant entre eux et se jouant des lois, des règles et du Code de la route… quand ils ne vont pas se pavaner aux portes des collèges et lycées, dans leurs voitures rutilantes, courir les filles dans des attitudes qui évoquent plus des tentatives de rapt que de la drague habituelle.

Et puis, quoide plus naturel qu’en parallèle à ces jeux consistant à gifler des flics, on entend de plus en plus souvent parler de ces gangs qui tuent, qui kidnappent, qui violent, et qui surgissent comme des champignons dans tous les coins et recoins de ce beau pays qui est le notre… des bandes auxquelles ne s’applique pas la loi contre le terrorisme bien qu’elles terrorisent les honnêtes gens, chaque jour, chaque nuit, toujours…

Les Marocains savent qu’il existe des agents qui méprisent lescorps de sécurité auxquels ils appartiennent, mais la meilleure façon de combattre ces agissements est encore celle de ce jeune qui s’était auto-qualifié de « sniper de Targuist » et qui avait réussi à lutter contre la corruption de manière bien plus efficace que ne le ferait jamais Abdelilah Benkirane.

Il faut certes sévir contre ceux qui touchent des pots-de-vin, mais il faut se montrer encore bien plus ferme envers ceux qui portent atteinte à nos agents de l’ordre, à nos policiers, car lorsque l’on se met à porter la main à la joue des policiers et quand on met la même main dans la poche des bonnes gens, alors la voie est grande ouverte vers le chaos…

Mots Clefs:
Maroc

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