El Majidi perd son procès en diffamation contre Benchemsi

El Majidi perd son procès en diffamation contre Benchemsi

Un journaliste marocain, Ahmed Benchemsi, poursuivi en diffamation par le secrétaire particulier du roi du Maroc, Mohammed El Majidi, pour une tribune intitulée « La grande corruption règne au Maroc », a été relaxé vendredi par le tribunal correctionnel de Paris.

Publié le 26 juin 2012 dans le journal Le Monde, l’article relate que le secrétaire particulier du roi, « ayant appris que la société américaine Baysys, équipementier aéronautique en difficulté, était à la recherche d’un partenaire financier, a créé la société Baysys Morocco, qualifiée de coquille vide par l’auteur, et a obtenu, de par ses fonctions (…), la participation de la compagnie publique aérienne (Royal Air Maroc, ndlr) au capital », rappelle le tribunal.

Il est ainsi « imputé à Mohammed El Majidi d’avoir utilisé son influence (…) aux fins d’obtenir l’investissement d’une compagnie publique dans une société dont il est propriétaire, ce qui lui profiterait financièrement et pourrait caractériser une infraction pénale ».

Si les juges de la chambre de la presse ont estimé que les propos litigieux étaient diffamatoires, ils ont relaxé M. Benchemsi, lui accordant le bénéfice de la bonne foi.

Le sujet de l’article, « la dénonciation des conflits d’intérêts dans la haute fonction publique au Maroc, et plus généralement, de la corruption, au sens large du terme, dans ce pays » représente bien un « sujet d’intérêt général », a relevé le tribunal, qui a estimé que le journaliste disposait d’une « base factuelle suffisante ».

Eu égard aux éléments produits par le journaliste, les juges considèrent qu’il « apparaît que la partie civile, fonctionnaire public haut placé au sein de l’administration marocaine, a créé une société privée et qu’une grande compagnie publique marocaine a pris une participation au capital, envisageant pour l’avenir de lourds investissements, ce qui ne pouvait être que profitable pour les autres actionnaires, dont la partie civile elle-même ».

Le journaliste « a pu ainsi, au regard de ces éléments, et même avec une certaine dose d’emphase et un ton polémique, évoquer le +Majidi business+, parler du fait que » le secrétaire particulier du roi « en tirerait un profit et évoquer le caractère pénal des faits ».

Le journaliste s’interrogeait dans l’article sur le fait de savoir « Quel procureur serait assez fou pour engager des poursuites contre Mounir Majidi ou les membres d’une clique couverte par le roi ? »

À propos Ahmed Belaarej

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