Egypte: 30 morts et 300 blessés à Port-Saïd après des condamnations à mort

Egypte: 30 morts et 300 blessés à Port-Saïd après des condamnations à mort

Au moins 30 personnes ont été tuées et plus de 300 blessées samedi lors de violents heurts dans la ville égyptienne de Port-Saïd, après la condamnation à mort de 21 personnes pour leur implication dans des violences ayant suivi un match de football l’an dernier.

Ces affrontements interviennent au lendemain du deuxième anniversaire du début du soulèvement ayant conduit au départ de Hosni Moubarak, lui-même marqué par des violences entre manifestants et policiers qui ont fait neuf morts et plus de 530 blessés à travers le pays, selon des sources médicales.

A Port-Saïd (nord-est), les violences ont débuté quelques minutes après la condamnation à la peine capitale de 21 supporteurs du club local d’Al-Masry pour leur implication dans la mort de 74 personnes après un match en février 2012.

Des proches des personnes condamnées ont tenté d’envahir la prison dans laquelle se trouvaient ces dernières, tandis que des assaillants inconnus ont fait usage d’armes automatiques en direction de la police qui a riposté avec du gaz lacrymogène, d’après des témoins.

Deux postes de police ont été pris d’assaut et des tirs nourris se faisaient entendre à travers la ville, où les magasins avaient baissé leurs rideaux, selon un correspondant de l’AFP.

Au moins 30 personnes ont été tuées et 312 blessées, selon des sources médicales, qui ont précisé que les décès avaient été provoqués par des balles réelles. Deux policiers figurent parmi les tués, d’après le ministère de l’Intérieur.

Un général de l’armée a annoncé le déploiement des militaires pour « rétablir le calme » et protéger les installations publiques.

Port-Saïd est située à l’entrée nord du canal de Suez, mais l’organisme de gestion de cette voie d’eau stratégique pour le commerce mondial a indiqué que le trafic n’était « pas affecté ».

Néanmoins, selon le ministère grec des Affaires étrangères, un ferry grec, ancré à Port-Saïd, a essuyé des tirs qui n’ont pas fait de blessé. Il a depuis repris la mer.

A Suez, où huit personnes sont mortes vendredi lors de manifestations hostiles au président islamiste Mohamed Morsi, de nouveaux heurts se sont produits samedi.

Parallèlement, au Caire, des accrochages qui avaient débuté jeudi entre groupes de manifestants hostiles au président et policiers aux abords du ministère de l’Intérieur, près de la place Tahrir, ont repris de manière sporadique.

Drame le plus meurtrier du football égyptien

Toujours dans la capitale, les condamnations à mort ont été en revanche accueillies dans la salle d’audience par les cris de joie et les youyous des membres des familles des victimes.

Le président du tribunal a fixé au 9 mars le verdict pour le reste des accusés, dont 9 policiers.

En février 2012, 74 personnes étaient mortes à Port-Saïd après un match entre le grand club cairote d’Al-Ahly et Al-Masry. Ce drame, le plus meurtrier du football égyptien, s’est produit après la victoire d’Al-Masry, dont des centaines de supporteurs avaient envahi le terrain et lancé des projectiles vers ceux d’Al-Ahly.

Les « Ultras » d’Al-Ahly avaient menacé les autorités de « chaos » si le verdict n’était pas assez sévère.

Alors que la tension est extrêmement vive dans le pays, l’opposition aux islamistes, regroupée au sein du Front du salut national (FSN), a fait monter la pression sur le chef de l’Etat en réclamant une « solution globale » à la crise politique incluant notamment la formation d’un « gouvernement de salut national ».

Faute de quoi, a-t-elle prévenu, elle boycotterait les législatives prévues en principe en mars ou avril, à une date encore à définir, et réclamerait une présidentielle anticipée alors que M. Morsi n’est en fonction que depuis sept mois.

L’opposition laïque et le pouvoir sont à couteaux tirés depuis novembre, date à laquelle M. Morsi s’est doté temporairement de pouvoirs exceptionnels afin d’accélérer un projet de Constitution rédigé par une commission dominée par les islamistes.

Des manifestations tournant parfois à la violence avaient déjà eu lieu à l’époque contre cette Constitution, adoptée par référendum en décembre.

Les opposants accusent M. Morsi et les Frères musulmans dont il est issu de trahir la « révolution » qui leur a permis d’accéder au pouvoir grâce à une élection présidentielle pour la première fois démocratique.

M. Morsi, qui a demandé dans la nuit ses compatriotes de « rejeter la violence », a participé samedi à une réunion du Conseil national de défense qui a appelé au calme et au dialogue national pour sortir de la crise.

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