Immigrants morts à Sebta : Des ONG marocaines interpellent l’ambassadeur d’Espagne à Rabat

Immigrants morts à Sebta : Des ONG marocaines interpellent l’ambassadeur d’Espagne à Rabat
0 commentaires, 15/02/2014, Par , Dans Couverture, Monde

Des ONG actives au Maroc ont annoncé avoir écrit vendredi à l’ambassadeur d’Espagne à Rabat afin de l’interpeller sur « les violences et violations des droits » des Immigrants aux frontières avec les enclaves de Sebta et Melilla, en pleine polémique sur le sujet à Madrid.

Cette correspondance intervient dans la foulée du nouveau drame de l’immigration clandestine qui a fait au moins 12 morts le 6 février près de Sebta. Ces décès par noyade ont entraîné un vif émoi en Espagne quant à l’attitude de la Garde civile, contraignant le gouvernement à s’expliquer devant le Parlement.

« Nous nous joignons aux protestations de la société civile espagnole ces jours-ci, contre les pratiques de la Guardia civil pour le contrôle des frontières de Sebta et Melilla », indiquent huit ONG actives au Maroc dans une lettre datée de jeudi.

« Plus largement, nous estimons que la responsabilité du gouvernement espagnol est engagée face à l’ampleur des violations de droit à l’encontre des migrants de part et d’autres de ces frontières », ajoutent-elles.

Evoquant de nombreux témoignages recueillis au cours des dernières semaines, ces ONG reprochent notamment aux autorités espagnoles d’avoir remis aux forces de sécurité marocaines des clandestins qui était parvenus à rejoindre Sebta et Melilla, les deux seules frontières terrestres entre l’Europe et l’Afrique.

« Plusieurs présentaient des blessures qu’ils attribuent clairement aux violences exercées par la Garde civile », notent-elles.

Dans leur lettre, les ONG fustigent également la poursuite de violences côté marocain, en dépit de la nouvelle politique migratoire mise en oeuvre depuis l’automne par Rabat, qui prévoit notamment une mesure de « régularisations exceptionnelle » parmi les quelque 30.000 clandestins présents sur son sol.

Les arrestations ont cessé dans le royaume, à l’exception du nord, où elles se sont au contraire « intensifiées », avancent-elles, affirmant que les migrants sont ensuite « déplacés par bus (…) vers l’intérieur du pays ».

Parmi ces « centaines » de personnes, « un nombre significatif présente des fractures et divers traumatismes », ajoutent les ONG.

Elles demandent en conclusion au diplomate espagnol d’intervenir « en urgence » auprès de son gouvernement.

Dans un rapport publié lundi, l’ONG internationale Human Rights Watch (HRW) exhorte aussi Rabat et Madrid à cesser les violences contre les clandestins, tout en notant « quelques améliorations » côté marocain.

Ce document « n’est pas équitable à l’égard de la nouvelle politique migratoire » du royaume et n’est « pas objectif » en se « focalisant essentiellement sur la responsabilité du Maroc », a réagi le porte-parole du gouvernement marocain, Mustapha Khalfi.

À propos Ghita Senhaji

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