Droit à l’accès à l’information : La police prend les devants

Droit à l’accès à l’information : La police prend les devants

C’est désormais chose faite. La Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) vient de mettre sur pied à Casablanca une cellule chargée de la communication avec la presse nationale. Une manière de rendre l’information accessible et en garantir la crédibilité.

La cellule dirigée par le Commissaire Divisionnaire Abdelilah Saïd comprend plusieurs agents de la police de différentes grades mais qui ont tous en commun d’être de « bons communicants », disposés à fournir en toute heure y compris les week-ends toutes les informations sur les faits divers. Mieux, les journalistes auront dorénavant la possibilité de recevoir par Fax ou Mail les photos, les procès-verbaux et toute autre information, en toute transparence et sans aucune rétention.

Cette cellule de communication opérationnelle depuis peu dans la préfecture de police, couvre toutes les préfectures du Grand Casablanca, y compris Mohammedia. Elle sera progressivement installée dans toutes les régions du Royaume. Le but étant de faciliter la tâche aux journalistes à la recherche des faits divers et surtout mettre un terme aux approximations et à la rumeur qui très souvent dénaturent les faits et conduisent à des contre-vérités, ou tout au moins à des amalgames qui entachent la réputation d’innocentes gens.

Exemple : Une mère à Mohammedia a été en décembre de l’année dernière accusée à tort par le voisinage d’avoir tué son enfant de 13 ans retrouvé mort dans sa chambre. Des rumeurs persistantes relayées par une certaine presse faisant état d’un infanticide alors que l’autopsie va très vite révéler qu’il s’agissait bel et bien d’un suicide.

Désormais, les journalistes, soucieux de leur crédibilité, n’auront plus de reproches ni de parades à faire en guise d’excuse pour justifier d’éventuelles inexactitudes dans le traitement des faits divers.

Sans même prendre la peine d’aller dans les commissariats ou encore joindre leurs « sources », ils seront à chaque fois que la police démêle l’écheveau d’une affaire criminelle, contactés par un des membres de ladite cellule et recevront après coup par mail ou fax les éléments d’information désirés.

Une information à portée de main qui plus est, outre sa fiabilité et son instantanéité, a l’avantage d’épargner aux journalistes le casse-tête d’être toujours en quête d’informateurs en raison du mouvement d’affectation et de mutation auquel sont assujettis les policiers.

Une initiative à saluer d’autant qu’elle intervient avant même l’entrée en vigueur de la loi relative à l’accès de l’information prévue l’année prochaine. En attendant, il est permis d’espérer que les autres administrations et services publics emboitent le pas de la DGSN en communiquant mieux. Une parade nécessaire contre les dérapages et les informations infondées.

À propos said boulif

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *