Immigrants morts à Sebta le gouvernement donne sa version des faits

Immigrants morts à Sebta le gouvernement donne sa version des faits
0 commentaires, 14/02/2014, Par , Dans Couverture, Monde

Le bilan des immigrants morts le 6 février aux portes de l’enclave espagnole de Sebta, dans le nord du Maroc, a atteint douze jeudi, après la découverte d’un nouveau corps, ont annoncé les autorités au moment où le ministre de l’Intérieur répondait aux critiques devant les députés.

Une patrouille maritime de la Garde civile, qui depuis une semaine recherche des corps dans les eaux espagnoles au large de Sebta, a découvert jeudi « à environ 25 mètres du rivage le corps d’un migrant subsaharien âgé de 25 à 30 ans », a annoncé un porte-parole de la préfecture de Sebta.

« Les premiers indices font penser à une noyade et l’homme ne présente pas d’autres lésions, bien que l’autopsie doive le confirmer », a-t-il ajouté.

Sous le feu des critiques pour avoir utilisé ce jour-là du matériel antiémeute afin de repousser un assaut de plusieurs centaines de migrants subsahariens, le ministre de l’Intérieur, Jorge Fernandez Diaz, avait défendu jeudi matin devant une commission parlementaire l’action des forces de l’ordre espagnoles.

Les autorités espagnoles ont admis avoir tiré des balles en caoutchouc en l’air afin de dissuader l’assaut.

Mais depuis une semaine, la polémique agite l’Espagne, alimentée par les témoignages de migrants, diffusés par des médias et des défenseurs des droits de l’homme, affirmant que la police a tiré des balles en caoutchouc en direction de ceux qui se trouvaient dans l’eau et des billes en plastique pour crever les bouées auxquelles s’accrochaient les migrants, dont beaucoup ne savaient pas nager.

Les corps de huit hommes et d’une femme avaient été retrouvés dès jeudi dernier sur une plage marocaine près de Sebta. La police espagnole a ensuite retrouvé le corps de deux autres migrants sur le rivage, samedi dernier puis mercredi.

« D’après les informations disponibles, et sans préjuger des conclusions de l’enquête judiciaire, on peut déduire que les immigrants morts dans ces circonstances sont morts sur le territoire ou dans les eaux marocaines », a affirmé le ministre jeudi.

Les deux premiers corps découverts du côté espagnol ont été « sans aucun doute poussés de ce côté par les courants », a-t-il ajouté.

M. Fernandez Diaz a reconnu que la police espagnole avait « employé de manière rationnelle des moyens antiémeute réglementaires, toujours sur le territoire ou dans les eaux nationales », avec un effet dissuasif et non contre les immigrants, afin de marquer dans l’eau la ligne correspondant à la frontière.

Un groupe de plusieurs ONG a déposé une plainte devant le Parquet général de l’Etat espagnol, demandant l’ouverture d’une enquête sur les événements du 6 février.

Ce jour-là, plusieurs centaines d’immigrants subsahariens s’étaient approchés à l’aube du poste-frontière de Tarajal, séparant le Maroc de l’enclave espagnole.

Ne parvenant pas à donner l’assaut contre le grillage à cet endroit, les clandestins avaient gagné la plage voisine et tenté de contourner l’épi (ouvrage léger établi perpendiculairement au littoral qui sépare les deux pays en s’avançant dans la mer.

Les villes espagnoles de Sebta et Melilla, enclavées dans le territoire marocain, constituent les seules portes d’entrée terrestres vers l’Europe pour l’immigration clandestine venue d’Afrique noire et du Maghreb.

Face à une pression migratoire constante, leurs frontières sont régulièrement renforcées, sans pour autant dissuader les tentatives de passages des clandestins.

Le ministre de l’Intérieur a annoncé jeudi que le gouvernement « prévoyait en 2014 de prolonger (vers la mer) l’épi » qui sépare le Maroc de l’Espagne à Sebta.

A Melilla, le gouvernement a soulevé de vives critiques à la fin 2013 en réinstallant des barbelés sur la partie supérieure du grillage frontalier, un dispositif qui avait été supprimé en 2007.

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